Le Pen a compris pourquoi la sortie de l'euro effraie les Français

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Le Pen a compris pourquoi la sortie de l'euro effraie les Français
@ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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En changeant de cap sur la sortie de l'euro, samedi, la candidate du FN à la présidentielle peut réussir à convaincre les électeurs les plus réfractaires

La sortie de l'euro n'est plus officiellement une priorité ni un préalable à la politique économique de Marine Le Pen. Un revirement inattendu car c’est l'une des mesures phares du programme de la candidate Front national. Son accord de trois pages avec Nicolas Dupont-Aignan ne présente plus comme une urgence la transformation de la monnaie unique. Car cette mesure phare n'est pas forcément la plus populaire, elle fait même un peu peur.

Une chute de 20 à 30% du franc. La grosse différence avec le Brexit, c'est que la Grande-Bretagne n'a jamais changé de monnaie, elle a toujours conservé la livre. Alors que pour la France, revenir au franc serait un immense bouleversement. Le risque, c'est que le franc perde énormément de valeur. Les économistes parlent d'une chute de 20 à 30%. C'est d'ailleurs l'un des objectifs pour relancer les exportations, puisque ça nous permettrait de vendre nos produits français chers à l'étranger.

Le système bancaire pourrait être menacé. Mais, revers de la médaille, nos importations nous coûterait beaucoup plus cher. Le pétrole, par exemple, puisqu'il s'achète en dollar. Pareil pour les voitures, les céréales, le cacao ou le café. Et puis, bien sûr, notre pouvoir d'achat serait revu à la baisse quand on part à l'étranger...

Le risque c'est aussi de voir nos économies fondre comme neige au soleil, puisque tout l'argent placé en euro serait transformé en franc. Si les Français décident de vider précipitamment leurs comptes pour placer leurs euros ailleurs, c'est  tout le système bancaire qui serait menacé. Les retraits seraient alors sans doute limités, comme ça s'est fait à une époque en Grèce. Un scénario qui effraie et amène donc Marine Le Pen à faire un pas en arrière. Les négociations pourraient, selon elle, prendre  plusieurs mois, voire plusieurs années avec les institutions européennes.