Le malaise persiste chez France Telecom

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Le malaise persiste chez France Telecom
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Le rapport sur la prévention du stress au travail pointe la gestion "opaque" du management.

"Complexité, voire l'opacité de l'organisation matricielle", "nombreuses réorganisations", objectifs de vente et mobilité excessifs : le rapport d'étape sur la prévention du stress réalisé par le cabinet Technologia, remis lundi à France Télécom, pointe la persistance d’un malaise au sein de l’entreprise.

Réalisé sur la base d'un questionnaire envoyé en octobre aux 102.000 salariés du groupe, ce rapport adresse 107 recommandations à Stéphane Richard, le nouveau directeur général entré en fonction le 1er mars.

Dans son préambule, il relève que la vague de suicides à l'origine de l'établissement du questionnaire sur les conditions de travail n'est pas terminée, plusieurs salariés du groupe ayant mis fin à leurs jours depuis le début de l'année. On décompte déjà entre sept et neuf suicides depuis le début de l’année, ce qui porte à 44 le total des suicides depuis 2008.

Manque de confiance des salariés dans leur direction

"L'obstacle principal à l'efficacité de toute mesure préventive est le manque de confiance des salariés dans les ressources humaines et la médecine du travail", explique Technologia, en recommandant de "renforcer le sentiment d'appartenance des collaborateurs à France Télécom".

Le rapport dénonce aussi la "complexité, voire l'opacité de l'organisation matricielle" de France Télécom ainsi que les "nombreuses réorganisations sans raison d'être pour les salariés", et recommande en conséquence de clarifier pour chaque salarié sa place dans l'organisation.

Les objectifs fixés par la direction sont jugés "trop nombreux, trop élevés et déconnectés de la réalité du travail accompli", tandis que le système de promotion est jugé "opaque" et les règles de la mobilité interne "pas claires".

Médiateurs et stabilité recommandés

Le rapport de Technologia préconise de limiter la mobilité des managers pour pouvoir créer un esprit d'équipe, et d'octroyer aux "managers à risque" un coach individuel.

Les salariés de base devraient disposer d'un réseau de médiateurs, composés pour 30% d'intervenants extérieurs et qui seraient chargés d'écouter les collaborateurs en difficulté et de jouer un "réel rôle d'arbitrage" entre salariés et direction.