Le FMI demande à Berlin de dépenser plus

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Le FMI demande à Berlin de dépenser plus
Le FMI a enjoint le pays lundi à baisser les impôts et à investir. (Illustration)@ MANDEL NGAN / AFP
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Lundi, le FMI a enjoint l'Allemagne à baisser les impôts et à investir pour stimuler sa demande intérieure.

Le FMI s'en est de nouveau pris lundi aux excédents allemands jugés trop élevés, enjoignant le pays à baisser les impôts et investir pour stimuler à la fois sa demande intérieure et les économies de ses partenaires commerciaux. L'Allemagne est la cible de critiques récurrentes des institutions internationales ou de ses partenaires commerciaux qui l'accusent de ne pas suffisamment importer et investir afin d'en faire profiter par ricochet d'autres pays, notamment européens.

Incitation à faire travailler les Allemands plus longtemps. Les marges budgétaires dont disposent l'Allemagne "devraient être utilisées pour des initiatives renforçant le potentiel de croissance, comme des investissements dans les infrastructures physiques et numériques, l'aide à l'enfance, l'intégration des réfugiés et l'allègement du poids fiscal sur le travail", a énuméré le Fonds monétaire international dans son rapport régulier sur l'économie allemande (Chapitre IV). Le Fonds suggère aussi une politique incitant les Allemands à travailler plus longtemps, ce qui pourrait encourager la population vieillissante à consommer plus au lieu d'épargner pour la retraite.

Un excédent allemand record en 2016. L'Allemagne a engrangé un excédent record de son budget l'an passé, de près de 24 milliards d'euros, ce qui correspond à un excédent de 0,8% du PIB (Produit intérieur brut), tandis que la plupart de ses voisins européens, dont la France, se débattent avec des déficits.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, adepte de l'orthodoxie budgétaire, avait certes évoqué de possibles baisses d'impôts, mais seulement après les élections générales prévues à l'automne et si le parti conservateur d'Angela Merkel l'emporte.

La politique de soutien à l'économie de la BCE. Dans son rapport, le FMI préconise aussi "une hausse continue des salaires et de l'inflation" dans le pays "pour augmenter l'inflation dans la zone euro et faciliter la normalisation de la politique monétaire".

La Banque centrale européenne (BCE) pratique depuis plus de deux ans une politique de soutien massif à l'économie, avec des taux d'intérêt historiquement bas, dont elle devrait sortir progressivement étant donné la reprise de la conjoncture dans la zone euro. Mais les banquiers centraux jugent la relance des prix encore trop fragile pour changer de cap.

Un excédent "trop élevé. Le FMI a réitéré aussi ses critiques contre l'excédent des comptes courants allemands (solde des échanges commerciaux et financiers). En 2016, ce surplus "était le plus élevé au monde en dollars", a-t-il rappelé. Wolfgang Schäuble a reconnu dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel ce week-end que le niveau de l'excédent était "trop élevé", mais lié à l'euro faible, lui-même consécutif à la politique de la BCE.