Le "fier voisin français" inquiète Berlin

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Le "fier voisin français" inquiète Berlin
"Le fier voisin français menace de devenir l'homme malade de l'Europe", écrit le quotidien Handelsblatt, qui a publié un rapport interne provenant du ministère de l'Economie allemand.@ I-TELE
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C'est ce qui ressort d'un rapport non destiné à la publication mais révélé par la presse.

"Le fier voisin français menace de devenir l'homme malade de l'Europe". Telle est la cinglante conclusion du quotidien Handelsblatt publié mardi, après une analyse tirée d'un rapport interne du ministère allemand de l'Economie. Ce document, dont la véracité n'a pas été officiellement confirmée par Berlin, fait état d'une économie française en piètre forme et jette un peu plus d'huile sur le feu des relations franco-allemandes.

Pourquoi la "maladie" couve. "L'industrie française perd de plus en plus en compétitivité, la délocalisation à l'étranger des entreprises se poursuit", écrit le document du ministère allemand de l’Économie,  regrettant des "coûts du travail en forte hausse" en France. Ce rapport, selon le journal allemand, n'était, à l'origine, pas destiné à la publication. Il s'agit d'une "note à usage exclusivement interne, pas destinée à être publiée", réalisée par un service "qui analyse régulièrement la compétitivité des pays de la zone euro", a par la suite précisé le ministère de l’Économie à l'AFP, confirmant ainsi à demi-mot l’existence de ce rapport. 

>> Pour notre éditorialiste Axel de Tarlé, l'Allemagne répond d'une certaine façon aux récentes attaques du PS:

 

Un contexte tendu. La publication de ce rapport n'intervient pas dans n'importe quel contexte. La semaine dernière, le parti socialiste français avait mis le feu aux poudres sur les relations franco-allemandes. Jeudi dernier, le président de l'Assemblée Claude Bartolone avait en effet appelé à une "confrontation" avec la droite allemande. Et le lendemain, le PS publiait un document demandant un "affrontement démocratique" avec la même droite, et qualifiant Angela Merkel "d'égoïste intransigeante". Si le gouvernement de Berlin n'a pas rebondi sur ces propos, la presse a accusé à plusieurs reprises la France de détourner l'attention de l'Allemagne de la lenteur des réformes engagées dans l'Hexagone.

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Le "french bashing" en vogue ? Depuis plusieurs mois, les titres de presse et commentaires étrangers alarmistes sur l'avenir économique de la France fleurissent. "La France est un enfant à problèmes au sein de la zone euro, parce que d'autres pays ont fait leurs devoirs beaucoup plus intensivement", raillait ainsi le 22 février dernier Michael Fuchs, un élu allemand proche de la chancelière Angela Merkel. La France est "la bombe à retardement au cœur de l'Europe", titrait The Economist en décembre. "Le plus grand problème réside en Espagne, en Italie, mais aussi, je le dis discrètement, en France. Cela pourrait devenir un problème qui ne serait pas mineur", s'inquiétait également en novembre Gerhard Schröder, l'ancien chancelier allemand social-démocrate.





Et il n'est pas sûr que cette méfiance s'arrange tout de suite. La France a déjà annoncé qu'elle ne tiendrait pas ses objectifs de déficit en 2013 et espère que ses partenaires lâcheront du lest sur la rigueur budgétaire, au nom de relance de la croissance. Ce qui ne sera accepté qu'à de strictes conditions, comme l'a fait comprendre mardi le commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günther Oettinger, dans le quotidien régional Kölner Stadtanzeiger : "nous sommes prêts à accepter le déficit public de 2013 seulement si des réformes structurelles sont mises en œuvre. Des réformes du marché du travail, un temps de travail allongé, un plafonnement de la croissance des retraites et des suppressions de postes dans le secteur public."