Le clic malencontreux d'une DRH

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Le clic malencontreux d'une DRH
Le mail de la DRH évalue en ces termes certains salariés : "n'intègre pas les messages" ou "ne se remet pas en question".@ MAXPPP
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Un mail d'évaluations nominatives a été envoyé par erreur à 300 salariés de Sogeti.

Près de 300 salariés ont reçu un courrier pour le moins surprenant dans leur boîte mail vendredi dernier. Envoyé par la DRH de Sogeti, une filiale du groupe de services informatiques Cap Gemini, le mail liste les performances, les salaires et les évaluations de 298 techniciens travaillant dans l'Ouest de la France.

Expédiées par une erreur de clic à l'ensemble de la liste de diffusion, ces évaluations nominatives étaient seulement destinées aux cadres des ressources humaines de l'entreprise. On peut y lire, outre le montant de l'éventuelle augmentation de salaire, des commentaires sur un certain nombre d'employés. Pas forcément des plus agréables pour ceux ne bénéficiant d'aucune hausse : "pas mobile (arrêt maladie), très ironique", "n'intègre pas les messages", ou encore "ne se remet pas en question, pb [problème, ndlr] de performance", liste Rue89, qui publie en partie le fichier de la DRH.

"Cela va créer des jalousies"

La direction des ressources humaines du groupe Sogeti, qui emploie 20.000 personnes en tout, s'est aussitôt fendue d'un mail d'excuses aux salariés concernés par le malheureux envoi, défendant néanmoins un fichier "parfaitement licite". Seulement trois salariés auraient demandé jusqu'à présent un entretien avec leur direction à la suite de ce mail, selon les informations d'Europe 1.

Reste à gérer en interne les conséquences de cette "erreur". "J'ai un collègue qui a eu comme commentaire 'trop payé pour sa fonction', ça ne lui a pas fait forcément plaisir", témoigne un des techniciens au micro d'Europe 1. "Maintenant tout le monde va se comparer, et regarder si le copain à côté gagne plus, cela va créer des jalousies", ajoute-t-il.

"Parfaitement licite" ?

Selon la Commission nationale de l'informatique des libertés (Cnil), contactée par Rue89, "autant le processus d'évaluation du salaire, du comportement ou de l'activité du salarié relève de l'employeur, autant il faut éviter les jugements de valeur à l'emporte-pièce. Et quand on a une zone de commentaires, il faut être vigilant et éviter les informations interdites par la loi de 1978 (telles que les orientations politiques, religieuses ou sexuelles, ndlr)".

Le fichier expédié est-il donc "parfaitement licite" ? Il ne comporte pas d'insultes, ou de jugements à caractère religieux, politique ou sexuel. Mais la loi exige également la sécurité des données ...envoyées ici à quelque 300 collaborateurs.