Le cimentier Lafarge restera-t-il français ?

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Le cimentier Lafarge restera-t-il français ?
@ MaxPPP
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FUSION - Le cimentier Français se marie avec le Suisse Holcim. La noce consommée, vont-ils filer vers la Suisse pour vivre leur amour ?

Révolution dans le monde du ciment : les deux géants européens du secteur vont fusionner et créer un colosse, aux pieds solides. Le suisse Holcim et le français Lafarge auront un compte commun de 32 milliards d'euros et de 130.000 emplois, si les autorités de la concurrence acceptent ce mariage. Mais avec le départ annoncé du siège social vers Jona, dans le canton de St-Gall, la France ne risque-t-elle pas de laisser partir l’un de ses fleurons ?

Lafarge et Holcim, un groupe aux racines européennes… Il existe deux types de fusion : la fusion absorption (une entreprise avale l’autre) et la fusion totale qui fait naître une nouvelle entreprise. Larfarge et Holcim se situent dans cette dernière configuration, affirme le groupe français à Europe1.fr. La nouvelle société qui pourrait être créée au 1er semestre 2015 sera une "fusion entre égaux", baptisé pour l'instant "LafargeHolcim", ont précisé les deux groupes dans un communiqué commun. Et le siège social sera situé à Jona, dans le canton de St-Gall. Du côté de Lafarge, on assure que le groupe sera franco-suisse, avec "des racines européennes".

Avec une nationalité difficile à établir… En effet, une partie de la production et le centre de recherche, restent en France, mais le centre décisionnaire sera situé en Suisse. Logique car Holcim est plus gros que Lagarge en termes de chiffre d’affaires. Mais le PDG de Lafarge a assuré que son groupe "ne quittait pas la France". Toutefois, la nouvelle entité sera cotée au CAC 40 à Paris et à la Bourse de Zurich. Alors LafargeHolcim sera Franco-suisse, Suisse ou Français ? En fonction des définitions le déménagement du siège social à la valeur d’un changement de nationalité, mais ce n’est pas le seul critère.



Lafarge et Holcim annoncent leur mariagepar Europe1fr

Car deux visions s’opposent… Il existe deux façons de définir la nationalité d’une entreprise : le juridique et l’économique. Dans le premier cas, le droit français dispose qu’une entreprise dont le siège social est situé en France est une entreprise française. D’un point de vue juridique, la future société qui naîtra de la fusion des deux cimentiers sera donc suisse. Mais, un rapport des sénateurs nuance cette position : "il apparaît donc que la nationalité juridique d'une entreprise, fonction du siège social, ne se confond pas toujours avec son identité nationale véritable". Autrement dit Toyota, a un siège social en France et une usine à Valencienne, mais reste, sans discussion possible, une entreprise japonaise.  

D’un point de vue économique toutefois, même si la fusion est "d’égal à égal", le Suisse, dont le chiffre d’affaires et supérieur à celui du Français, fait basculer la balance de son côté dans le choix de la nationalité. Bien que le patron de Lafarge insiste sur le fait que le centre de recherche du nouveau groupe sera situé à Lyon et des "fonctions centrales" resteront dans l'Hexagone, l’entreprise aura tout d’un Helvète. Et particulièrement quand arriveront les impôts. La fiscalité dépendant de la résidence, Lafarge ne devrait plus payer d’impôts en France et profiter de son mariage pour bénéficier du régime fiscal suisse.

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