Le bouclier est "une règle stable"

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Le bouclier est "une règle stable"
@ EUROPE 1
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Eric Woerth a affirmé mardi que le bouclier fiscal était "totalement assumé" par le gouvernement.

"On va vers une réforme qui sera efficace", a assuré mardi matin le ministre du Travail sur Europe 1 à propos de son projet de loi sur les retraites. Cette réforme "assurera la stabilité et la pérennité et elle garantira notre système de répartition : c’est ça le principe. Et puis, ce sera une réforme plus juste qui met chacun à contribution et où l’effort est partagé entre les uns et les autres. C’est tout ca qui est important", a expliqué Eric Woerth.

Pas d'augmentation d'impôts

"Il y aura une vision des ressources ciblée, mais pas générale", a affirmé le ministre. "Ce que je veux c’est que ce soit des ressources supplémentaires qui pèsent sur des assiettes de ressources qui n’ont pas été taxées autant que les autres", a-t-il précisé. Mais il faut pour cela "que ce soit des ressources exceptionnelles et cela durera le temps qui sera nécessaire pour équilibrer le système de retraite", a expliqué Eric Woerth. "J’ai une certitude absolue : nous n’augmenterons ni les impôts, ni les cotisations de façon générale : c’est la politique du président de la République depuis maintenant trois ans. C’est une politique de compétitivité, c’est une politique pour l’emploi et pour le pouvoir d’achat", a-t-il indiqué.

"Le bouclier fiscal, c'est une politique qu'on assume totalement, c'est-à-dire la progressivité de l'impôt jusqu'à 50%", a-t-il déclaré. "Les mesures de recettes supplémentaires (via une taxation des hauts revenus) sont hors bouclier, mais ce sont des mesures exceptionnelles et l'exception confirme la règle", a poursuivi le ministre du Travail. Interrogé sur une éventuelle suspension de ce bouclier fiscal, Eric Woerth a répondu : "Non, bien sûr que non, pourquoi veut-on toujours tout changer ?". Le bouclier est "une règle stable" et "c'est bien que nous puissions avoir une exception à propos du financement de la solidarité sur les retraites", a ajouté le ministre.

Le ministre a refusé de donner des chiffres précis. "On a encore un mois pour préciser tout cela", a-t-il indiqué avant d’ajouter : "Tant que ce n’est pas arbitré, ce n’est pas arbitré". Pour autant, Eric Woerth a précisé qu’il y aura "des ressources supplémentaires qui viendront abonder nos régimes de retraites", notamment "sur les ménages c’est-à dire une imposition supplémentaire exceptionnelle sur les hauts revenus. On précisera ce qu’est un haut revenu. Ce n’est pas une classe moyenne".

Retrouvez l'intégralité de l'interview :

Un équilibre dès 2020

Quant aux parachutes dorés, stock options, avantages et primes, ils pourront faire partie de la réforme. "On a dans nos périmètres de travail les revenus financiers, donc pour quoi pas. Sachant que beaucoup a été fait déjà sur le sujet, et qu’il ne faut pas tuer ce type d’outils. Mais pourquoi pas. Sont inclus aussi dans les entreprises les revenus du capital", a assuré Eric Woerth.

"On doit arriver à l’équilibre d’ici dix ou vingt ans, à l’horizon 2020 ou 2030", a estimé Eric Woerth. En tout cas, "ce n’est pas 2050 : c’est trop long pour prendre mesures de réformes", a-t-il assuré.

Un calendrier établi

Eric Woerth entre dans la deuxième phase de concertation avec les syndicats à propos de la réforme des retraites mardi. Sur Europe 1, il a précisé le calendrier : les discussions se dérouleront "jusqu’à la mi-juin. Le gouvernement annoncera la réforme d’ici le 20 juin. Le texte passera à l’Assemblée Nationale début septembre, cela veut dire que le débat se poursuivra à l’Assemblée et au Sénat jusqu’à fin octobre j’imagine."

Le ministre du Travail ne ferme pas le débat avec l’opposition. "Je suis prêt à discuter avec le PS", a-t-il assuré estimant que le Parti socialiste "n’arrive pas à se prononcer sur les retraites. "J’ai voulu concerter avant de décider. J’ai écrit lundi à Martine Aubry - comme aux autres partis politiques - pour leur dire : voilà le document et si vous souhaitez que nous nous revoyions pour discuter à partir de ce texte et de vos propres idées ou de vos propres contributions, j’y suis évidemment prêt", a garanti Eric Woerth.