Le bonus-malus freine l'auto française

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Le bonus-malus freine l'auto française
Le dispositif du bonus malus a changé le 1er janvier.@ MaxPPP
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L’année s’annonce difficile pour les constructeurs, notamment en raison du nouveau barème.

L’année 2012 a été catastrophique pour le marché des véhicules neufs. Et 2013 ne devrait pas être meilleure. Parmi les facteurs aggravants : le nouveau barème du bonus-malus. Ce dispositif, qui vise à récompenser les acheteurs de voitures neuves moins polluantes et à pénaliser ceux qui choisissent un modèle plus polluant, a en effet été remanié. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, voulait qu’il permette de soutenir la filière automobile française. Mais selon les concessionnaires, ce dispositif pourrait dissuader d’acheter du "Made in France".

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De 750 à 1.500 euros de malus

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© REUTERS

Le Grand Scénic de Renault, la Citroën break C5 ou la 5008 de Peugeot font partie des modèles qui se retrouvent malgré eux dans le viseur du nouveau bonus-malus : le surcoût est passé le 1er janvier de 750 à 1.500 euros. Fabriqués à Douai, Rennes ou Sochaux, ces modèles haut de gamme risquent désormais de ne plus trouver preneur, car au-delà de 1.000 euros de malus, les acheteurs se détournent du modèle.

"Ce malus 2013 va concerner environ un Français sur cinq, en tout cas pour les voitures produites en France", analyse sur Europe 1 Laurent Meillaud, consultant automobile, pour qui l’effet sera "plus négatif qu’escompté". "De l’autre côté, quelles sont les voitures qui seront gagnantes par rapport au bonus ? Comme d’habitude, ce seront des voitures françaises, mais produites en dehors de nos frontières", affirme-t-il.

Un dispositif déficitaire

Autre conséquence : les Français devraient se rabattre sur des modèles d’occasion, non soumis au bonus-malus, mais plus polluants. Le bénéfice pour les usines françaises sera donc très minime.

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Il le sera aussi pour l’État : le dispositif sera en effet largement déficitaire, avec des gros bonus à payer, jusqu’à 7.000 euros pour chaque voiture électrique, et peu d’acheteurs sur les véhicules au fort malus. Cette situation perdure depuis le début du système, mais du côté d’Arnaud Montebourg, on se refuse à envisager le scénario dépeint par les concessionnaires.