Le bâtiment anticipe le retour de la crise

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Le bâtiment anticipe le retour de la crise
Les professionnels du bâtiment anticipe une baisse de l'activité dans la deuxième moitié de 2012.@ REUTERS
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Les carnets de commande se remplissent moins vite, le secteur craint des suppressions d’emploi.

Quand le bâtiment va, tout va… sauf que ce secteur sent déjà revenir la crise et tire la sonnette d’alarme. Didier Ridoret, président de la Fédération française du Bâtiment, a ainsi annoncé mardi que le secteur serait dans le rouge en 2012 et pourrait supprimer 35.000 emplois.

"La crise des dettes publiques en zone euro et les politiques de réajustement budgétaire ont fracassé le mouvement de reprise économique qui a porté, et porte encore pour quelques mois, l'embellie quantitative de nos marchés", s’est inquiété Didier Ridoret.

La "récession" qui s’annonce

"Une digue va lâcher" en 2012 avec un scénario "proche de celui des années 1990, qui va durablement affecter l'appareil de production", a prévenu Didier Ridoret. Le secteur devrait entrer en "récession" en 2012, avec une baisse de l'activité en volume de 1,9%, après avoir progressé de 1,2% en 2011, et chuté de 3,8% en 2010.

Tous les domaines seront touchés : la fédération prévoit un recul de l'activité de 2,8% dans le logement neuf, de 1% dans le logement non résidentiel neuf, et de 1,7% dans l'amélioration entretien.

Perdre des employés qualifiés, "un crève-coeur"

Entre 2008 et 2010, le secteur avait certes perdu des emplois, mais dans une proportion bien moindre puisqu'il s'agissait d'une perte de 40.000 emplois en trois ans. Cette fois-ci, la FFB avance le chiffre de 35.000 suppressions d’emploi en seulement une année.

"En grande majorité, ce sont les intérimaires, puisque nous avons sur l’année 2011 engagé beaucoup d’intérim donc ce sont évidemment eux qui seront les premiers à partir. Mais nous serons également dans l’obligation de nous séparer de certains de nos salariés", a confié le président de la FFB à Europe 1, avant d’ajouter : "pour nous, c’est un crève-cœur parce que perdre du savoir-faire dans un secteur où il faut du temps pour former les salariés".

Appel pour un Grenelle de l’immobilier

Pour les professionnels de la construction, le contexte économique n’est pas le seul responsable. Il y a bien la hausse de la TVA de 5,5% à 7%, mais ce "n'est pas la mesure la plus douloureuse". Les suppressions du dispositif "Scellier" et du prêt à taux zéro (PTZ+) dans l'ancien sont, en revanche, très mal vécus.

Pire, Didier Ridoret "ne voit pas comment on échappera à un troisième plan de rigueur" et demande donc, en conséquence, l’organisation d’un Grenelle de l'immobilier.