Lagarde loue DSK et alerte les Américains

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G.V. avec agences
La patronne du FMI souligne "l’excellent travail" de DSK et s’inquiète de la dette américaine.

Installée depuis mardi à la tête du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde a accordée son premier grand entretien à la chaine de télévision américaine ABC. L’occasion pour la nouvelle directrice générale du FMI de louer le travail accompli par son prédécesseur et d’alerter les Etats-Unis sur l’aggravation de leur dette.

DSK ? "Un excellent travail"

A l’inévitable question posée sur son prédécesseur, Christine Lagarde a estimé que son compatriote, avait accompli "un excellent travail" à la tête du FMI. Cette dernière a par ailleurs répété vouloir continuer sur la voie tracée par son prédécesseurs, lequel a contribué à ce que le FMI tienne davantage compte des réalités sociales, et pas seulement économiques, des pays auxquels il vient en aide, mais ne lui avait pas rendu hommage de la sorte.

"Cependant, quand une institution perd son directeur général dans de telles circonstances, cela laisse clairement des blessures", a-t-elle ajouté. "Certaines personnes sont très touchées. D'autres se sentent trahies. C'est une étrange alchimie, faite de frustration, d'irritation, parfois de colère, et parfois également d'une tristesse très forte", a réagi Christine Lagarde.

La dette américaine inquiète

L’interview a tourné en grande partie autour de la dette américaine, les Etats-Unis risquant de ne pas pouvoir rembourser les emprunts contractés et arrivant à échéance dans les prochaines semaines. Ce "défaut de paiement sur les obligations liées à la dette" aurait des "conséquences déplorables" pour ce pays et le reste du monde, alerte Christine Lagarde.

"Si l'on déroule le scénario complet d'un défaut de paiement, oui, évidemment, on obtient [...] des hausses de taux d'intérêts, des contrecoups énormes sur les Bourses, et des conséquences véritablement déplorables, pas simplement pour les Etats-Unis, mais aussi pour l'économie mondiale dans son ensemble", a-t-elle ajouté.

Une affaire pas seulement financière

Les Etats-Unis sont actuellement dans une impasse politique, démocrates et républicains ne parvenant pas à se mettre d'accord sur la question du relèvement du plafond de la dette publique du pays.

Celui-ci a été atteint à la mi-mai, et le Trésor américain ne cesse de répéter qu'il aura épuisé le 2 août tous les expédients dont il a pu user jusque-là pour éviter de ne plus être en capacité d'honorer en temps et en heure ses créances vis-à-vis des détenteurs de ses obligations.

"Nous [le FMI, NDLR] sommes inquiets et nous espérons vraiment qu'un compromis sera trouvé avant la date limite. Je suis contente de voir que l'on se parle de nouveau", a estimé la patronne du FMI.