Lagarde : enquête pour "détournement de biens publics"

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Lagarde : enquête pour "détournement de biens publics"
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L'enquête pour "complicité de faux" et "détournement de biens publics" concerne l'affaire Tapie.

Christine Lagarde est fixée sur son sort. La Cour de justice de la République (CJR) a décidé jeudi d'ouvrir une enquête visant l'actuelle directrice générale du FMI. L'enquête concerne un arbitrage, fait en faveur de Bernard Tapie en 2008, à l'époque où Christine Lagarde était ministre de l'Economie.

L'enquête est ouverte pour "complicité de faux" et "détournement de biens publics", a annoncé jeudi le parquet général. "Ce n'est pas un acte public", a dit à Europe 1 Gérard Palisse, le président de la commission des requêtes de la CJR. C'est le procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal qui avait demandé à la CJR d'ouvrir une enquête, le 10 mai dernier.

Mise en cause pour avoir eu recours à un arbitrage privé

Christine Lagarde est mise en cause pour avoir recouru en 2007 à un arbitrage privé, abandonnant la voie judiciaire, dans un litige concernant la revente d'Adidas en 1993. Le tribunal arbitral, juridiction privée, avait condamné le Consortium de Réalisation, une structure publique qui gérait le passif du Crédit Lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions d'euros avec les intérêts).

Il est aussi reproché à l'ex-ministre d'avoir renoncé à contester le résultat de cet arbitrage privé, qui avait attribué 285 millions d'euros à Bernard Tapie en 2008. Jean-Louis Nadal lui reprochait aussi d'avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres et de ne pas avoir exercé de recours contre cet arbitrage controversé, alors que plusieurs spécialistes l'y avaient encouragée.

Une enquête qui pourrait durer plusieurs années

Après rédaction d'un réquisitoire introductif par le parquet, trois juges de la CJR vont conduire l'instruction, susceptible de durer plusieurs années et qui devra dire si Christine Lagarde doit ou non faire l'objet d'un procès.

A l'issue de cette enquête pénale, la commission d'instruction de la CJR peut décider d'un non-lieu ou d'un procès de Christine Lagarde. En attendant, la directrice générale du FMI, toujours présumée innocente, ne risque pas de quitter ses fonctions internationales. "Cette procédure n'est aucunement incompatible avec les fonctions actuelles de directrice générale du FMI", a tout de suite souligné son avocat Me Yves Repiquet dans un communiqué.

Lagarde conserve "la même sérénité"

Christine Lagarde avait pris les devants en déclarant le 6 juillet, une semaine après sa nomination à la tête du FMI : "que la commission des requêtes décide de poursuivre ou non les investigations, j'ai exactement la même confiance et la même sérénité".