Lagarde cible les agences de notation

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Lagarde cible les agences de notation
@ EUROPE1
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La ministre a pointé du doigt leur rôle dans la crise et confirmé que la France versera 16,8 milliards.

"Il faut bien sûr les contrôler plus", "s'assurer qu'elles respectent les règles", a déclaré lundi sur Europe1 la ministre de l’Economie Christine Lagarde au sujet des agences de notation. Ces dernières, qui ont affolé les marchés la semaine dernière en dégradant la note de solvabilité de la Grèce, pourraient faire l’objet d’un contrôle accru.

"Je crois qu’un certain nombre de règles devront être fixées, qui vont devoir être rappelées parce qu’on ne dégrade pas un pays" de manière "hâtive, déplorable pour la solidité des marchés", a dénoncé la ministre.

"Je vais publier dans les tout prochains jours des documents suffisants pour autoriser l'Autorité des marchés financiers, qui est une espèce de gendarme de la Bourse, à contrôler les agences de notation et à vérifier en particulier qu'elles respectent des règles déontologiques", a-t-elle ajouté.

La Grèce sauvée

"C’est massif, c’est lourd, c’est un signal très fort au marché pour indiquer qu’il n’y a pas de spéculation à faire sur la Grèce et qu’il faut laisser ce pays se redresser", a déclaré Christine Lagarde au sujet du plan d’aide européen à la Grèce, doté de 110 milliards d’euro sur 3 ans.

"Cela protège les Grecs et les immunise de tout risque financier pendant les deux premières années à 100%", a ajouté la ministre, en précisant que "la contribution française au plan total sur les 3 années" s’élève à "16,8 milliard d’euros". En 2010, l’enveloppe française s’élève à 3,9 milliards, versés dès le 13 mai.

"L’Europe n’est pas un guichet de crédit bonifié"

"Aujourd’hui la Grèce, si elle voulait se refinancer, ce qu’elle n’arrive pas à faire, elle devrait emprunter à un peu plus de 12%", a rappelé Christine Lagarde. L’Union européenne l’aide donc à se refinancer, mais "on ne fait pas un don, ce n’est pas une subvention, on prête à un taux d’à peu près 5%, à taux fixe", prévient la ministre.

"C’est pas des condition usuraires, comme je l’ai entendu ici et là, c’est tout simplement la rémunération du risque", se défend-t-elle.

Désormais la Grèce doit se concentrer sur la réduction de ses dépenses, a rappelé la ministre : "Il faut maintenant que le gouvernement grec lance, dès aujourd’hui, son programme et puis que tous les 3 mois on aille voir si c’est bien fait". De toute façon, "il n’y a pas d’alternative parce qu’il n’y a plus d’argent", a prévenu la ministre.

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