La ville d’Angers accuse Technicolor

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La ville d’Angers accuse Technicolor
@ MAXPPP
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Les élus locaux dénoncent la politique du groupe et lui demandent d’aider un possible repreneur.

Les termes sont lourds de sens : Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire a accusé mardi sur Europe 1 le groupe Technicolor d’avoir "organisé la faillite" du site d’Angers. Cette usine, qui emploie 351 salariés, a été placée en redressement judiciaire début juin et risque d’être placée jeudi en liquidation. Les élus locaux se mobilisent donc pour sauver le site.

Technicolor accusé de comportement "indécent, irresponsable"

Le tribunal de commerce de Nanterre doit rendre jeudi sa décision sur l’avenir du site Technicolor d’Angers. Deux scénarios se dessinent : une poursuite de la période d'observation ou une liquidation. Pour éviter la seconde hypothèse, les élus de la région se mobilisent et n’hésitent pas à hausser le ton.

"C’est effectivement un grand coup de colère mais c’est aussi un appel solennel puisque ce groupe organise la faillite de cette entreprise qui compte actuellement 350 salariés", a déclaré sur Europe 1 Jacques Auxiette. Et ce dernier d’ajouter "qu’il est complètement indécent, irresponsable, de ne pas créer les conditions pour une reprise industrielle".

Une page de publicité pour le faire savoir

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© DR

 Preuve de leur volonté, la région Pays de la Loire et la communauté d’agglomération d’Angers ont décidé d’acheter une page de publicité dans deux grands quotidiens nationaux pour se faire entendre.

Ainsi, les lecteurs du quotidien économique Les Echos ont eu la surprise de découvrir mardi matin en page 7 un appel à la mobilisation en faveur de l’usine Technicolor. Rappelant tous les atouts de la région en matière d’industrie électronique, la publicité pose la question suivante : "Alors pourquoi ? Pourquoi Technicolor délocalise-t-il ?"

"Que ce grand groupe ait un comportement citoyen"

Si l’élu local est si vindicatif, c’est parce qu’il sait que sa région dispose d’une solide expertise en matière d’industrie électronique. Jacques Auxiette a notamment insisté sur les "compétences industrielles très, très fortes : plus de 400 entreprises existent dans le secteur de l’électronique autour d’Angers, avec des écoles d’ingénieurs".

Le site d’Angers ayant à ses yeux un avenir, la région demande donc à Technicolor de l’aider à se relancer. "Ce que nous disons, à travers cette déclaration, c’est qu’il est absolument nécessaire que la ré-industrialisation sur ce site soit accompagnée par ce grand groupe international", a commenté Jacques Auxiette, avant d’estimer "que l’organisation de la faillite de l’entreprise, qu’il laisse avec 350 salariés sur le carreau, est inadmissible alors qu’il existe des solutions".

Et le président du conseil régional des Pays de la Loire d’ajouter : "il faudrait tout simplement que ce grand groupe ait un comportement qu’on peut qualifier de ‘citoyen’ : c’est-à-dire prépare la transition, la ré-industrialisation en confiant aux repreneurs une charge, certes modeste, mais qui permette de faire cette transition".