La tendance de Noël ? "Des jeux vintage qui font le lien entre parents et enfants", selon le patron de JouéClub

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Au micro d’Europe 1, Jacques Baudoz, président de JouéClub, dévoile en avant-première les grandes tendances des jouets de Noël, avec un accent mis sur le vintage.

INTERVIEW

Les enfants ont à peine repris le chemin de l’école que, déjà, Noël se profile. Du moins pour les professionnels du jouet. Pendant trois mois, éditeurs et magasins vont tenter d’imprimer leurs tendances dans l’esprit des parents et des enfants. "Cette année, nous avons mis l’accent sur les jeux vintage, avec le retour du Simon, des premiers Tamagotchi et des Power Rangers", annonce Jacques Baudoz, président de JouéClub, invité de l’interview éco d’Emmanuel Duteil, lundi. "Ces jouets permettent de faire le lien entre les générations, entre les parents qui ont connu ces jouets, et leurs enfants."

Écoutez l'interview intégrale de Jacques Baudoz à 22h20 dans le journal de la nuit d'Isabelle Millet. Le replay de l'émission est à retrouver ici.

À la chasse aux tendances. Ces tendances sont le fruit d’une longue réflexion, cruciale puisque Noël représente plus de 50% des ventes annuelles. "Notre équipe de sélection, ce sont les patrons de magasins. D’octobre à février-mars, ils vont dans le monde entier pour débusquer les produits qui feront la tendance du Noël à suivre", explique Jacques Baudoz. Pour tenter de faire la différence, JouéClub, qui représente 20% du marché du jouet en France, joue également la carte de la proximité. "Nous avons 300 magasins et chaque directeur est en contact avec les parents et les enfants. En discutant avec eux, on arrive à comprendre ce qu’ils cherchent et on peut être des lanceurs de tendance."

Aboutissement de ce processus de repérages, la collection de Noël est "traditionnellement présentée fin août". "Ça permet de lancer la saison et de donner le ton de ce qui va se passer pour les fêtes", affirme Jacques Baudoz. Cette année, outre les jeux vintage, "les jeux créatifs et les jeux de société" devraient se faire une belle place dans les listes au Père Noël. Sur le créneau des JouéClub vise notamment les adultes. "Ils représentent 10% du marché et nombre d’entre eux jouent aux jeux de société", indique le patron du réseau, lui-même féru du Monopoly, "un jeu qui marche toujours bien". "Pour les adultes, nous développons un 'corner' dans nos magasins où ils auront la possibilité de jouer directement à certains jeux de société."

Suivre les évolutions de la société. Pour continuer à séduire les enfants, JouéClub s’adapte aux évolutions de la société, notamment en essayant de dégenrer les jouets. "Pour nous, les jeux genrés ou non-genrés ne sont pas une problématique. On a toujours fait des jeux différents. Ce sont les fabricants qui décident des couleurs de leurs jeux", rappelle Jacques Baudoz. Alors, pour éviter que les jouets bleus soient réservés aux garçons et les roses aux filles, l’enseigne "essaye de changer les habitudes" : "on met en avant, dans un même 'corner', des jouets pour garçons et pour filles. Ça donne plus de liberté dans le choix aux enfants".

Entendu sur Europe 1
Notre but, c’est de trouver des produits qui correspondent aux enfants

Cette année, JouéClub donne également un coup de jeune au traditionnel catalogue de Noël, épais de 400 pages et distribué à 12 millions d’exemplaires. "On l’a digitalisé en ajoutant de la réalité augmentée pour faire vivre les produits. Pour l’enfant, c’est extraordinaire. Concrètement, cela marche avec une application qui scanne la page qui se met à s’animer", détaille Jacques Baudoz. De quoi faire rêver des enfants nés avec tablette dans les mains. "Mais pas question pour autant d’abandonner le catalogue papier", assure-t-il.

"Il n’y a pas d’arme pour lutter contre Amazon". Alors que Toys"R"Us a été contraint de fermer aux États-Unis et que La Grande Récré est en grande difficulté, ces évolutions permettent, pour l’instant, à JouéClub de résister sur le marché très concurrentiel du jouet. "C’est surtout grâce à notre façon de fonctionner. Tous les patrons de magasins sont des indépendants qui peuvent s’adapter facilement à la demande des clients. Nous avons donc une grande réactivité face à la demande", souligne Jacques Baudoz, lui-même propriétaire de magasins dans le Doubs et dans le Jura.

L’objectif est désormais, surtout, de ne pas se faire manger par Amazon, concurrent numéro des magasins de jouets traditionnels. "Certaines enseignes ont commis des erreurs stratégiques, d’autres ne sont pas adaptées au monde numérique", analyse le patron de JouéClub, enseigne dotée d’un site Internet depuis 1997. "Il n’y a pas d’arme pour lutter contre Amazon. Amazon existe, c’est un fait. Notre but, c’est de trouver des produits qui correspondent aux enfants et d’obtenir une satisfaction de 100% des clients".