La rigueur à l’anglaise

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La rigueur à l’anglaise
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Un plan de réduction des dépenses publiques de 6,25 milliards de livres a été présenté lundi.

6,25 milliards de livres - soit 7,2 milliards d'euros -, c’est le montant du plan de réduction des dépenses publiques de la Grande-Bretagne. Les détails ont été présentés lundi par le ministre britannique des Finances George Osborne et le secrétaire d'Etat au Trésor David Laws. Tout comme la France, le gouvernement de coalition entre les conservateurs et les libéraux démocrates a fait de la réduction du déficit budgétaire sa priorité.

Les économies annoncées correspondent globalement aux promesses faites par George Osborne avant les élections législatives du début du mois. 5,7 milliards de livres seront ainsi consacrés à la réduction du déficit public. Il a atteint 156,1 milliards de livres l'an passé, soit 11,1% du PIB, ce qui en fait proportionnellement l’un des plus gros de l'Union européenne.

Coupes franches dans les ministères

Ce plan doit "envoyer une onde de choc" dans les ministères et instaurer "des contrôles draconiens" sur les dépenses, a résumé le secrétaire d'Etat au Trésor David Laws. Seuls la défense, la santé et le développement international vont être épargnés, car ils pourront réinvestir dans leurs services essentiels les économies qu'ils vont faire.

Les "quangos" (quasi organisations non gouvernementales) - des organismes para-publics qui s'étaient multipliés sous les travaillistes - seront fortement réduits. Deux milliards de livres doivent venir d'économies dans les programmes informatiques, l'immobilier et les fournitures. Un milliard de livres viendra des dépenses "facultatives" comme les cabinets de consultants ou les transports : la marche à pied, l'utilisation d'une flotte de voitures avec chauffeurs plutôt que de voitures attribuées particulièrement, et de billets de train à tarif modéré seront la règle. Les recrutements sont gelés.

Vers une hausse des impôts

Les analystes estiment que ces baisses des dépenses publiques sont largement symboliques et ne changeront pas grand chose à l'ensemble du déficit britannique, qui devrait dépasser 160 milliards de livres cette année. Pour les ménages, le plus dur reste à venir : les économistes tablent sur des hausses d'impôt inévitables dans le budget de juin.

Le mois prochain, le gouvernement annoncera un nouveau budget pour l'année fiscale qui s'achève fin mars 2011, puis à l'automne par une revue complète des dépenses publiques.