La rentrée noire du secteur automobile

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La rentrée noire du secteur automobile
Le chômage technique a fait son retour dans le secteur automobile.@ MAXPPP
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ENQUETE - D’ici fin 2011, les ventes de voitures neuves françaises auront chuté de 10%.

A quelques jours du salon de Francfort, les constructeurs automobiles français sont inquiets. En cause, un chiffre qui circule : les ventes de voitures neuves tricolores pourraient chuté de 10% d'ici à la fin de l'année 2011. Jusqu’ici les constructeurs avaient tenu grâce aux aides de l’Etat, comme la prime à la casse. Des aides désormais supprimées, rigueur oblige.

Dans le secteur automobile, le chômage technique fait son retour. A l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, alors que la production devait reprendre lundi dernier, les salariés ont eu la triste surprise d’une semaine de vacances supplémentaires… forcée. L’un d’entre eux, Patrick, dit avoir du mal "à finir les fins de mois", "depuis deux ou trois ans".
 

"La situation est de plus en plus dure" :

Des stocks qui gonflent

Du côté de la direction, si l’inquiétude ne s’avoue pas en plein jour, elle est bien réelle : tous les constructeurs français voient leurs stocks gonfler de façon inquiétante. Selon un document que s’est procuré Europe 1, 450.000 véhicules attendent leur acheteur sur les parkings de Renault. Autant qu’en septembre 2008, au début de la crise.

Raison principale, la flambée du prix des matières premières : une Clio, par exemple, coûte aujourd’hui 400 euros de plus à fabriquer. Et les clients, habitués à la prime à la casse, refusent désormais d’acheter plus cher.

Les concessionnaires en première ligne

Les premières victimes sont les concessionnaires. "Sans promotion, ils ne vendent pas de voiture. Leur situation peut devenir critique si le marché continue comme ça", explique à Europe 1 Eric Bataille, directeur de Drivepad, un site pour gérer l’entretien de son véhicule. "Il y a déjà quelques groupes en difficulté qui ont été rachetés", ajoute-t-il.

Face à cette situation critique, les concessionnaires font la chasse au client. Leur stratégie, des promos sur des modèles plus petits mais bourrés d’options, sans baisser les prix. "Depuis quelques mois, le client doit justifier du rachat d’une voiture", témoigne Patrick Gourvennec, directeur général de Hyundai France. "Quand vous passez d’une grosse berline à une berline moyenne, vous attendez plus d’équipement, de garantie, de design", poursuit-il, au micro d’Europe 1.

Certains constructeurs vont même très loin dans le service en plus : chez Lexus, l’achat d’un 4X4 offre au client un service de conciergerie, qui trouve des places de concert, ou une nounou.