La prolongation des centrales nucléaires "n'est pas préoccupante"

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ECOLOGIE - La prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires de dix ans, voulue par Ségolène Royal, n'inquiète pas Patrice Geoffron, professeur d'économie.

INTERVIEW

C'est désormais officiel : la ministre de l'Environnement et de l'Energie, Ségolène Royal, s'apprête à accéder à la demande d'EDF en prolongeant la vie des centrales nucléaires françaises de dix ans, de 40 à 50 ans. Une décision qui inquiète, notamment chez les écologistes.

Des indicateurs au vert. Plus serein, Patrice Geoffron, professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine et co-auteur de Transitions énergétiques : les vrais choix, estime de son côté qu'à ce jour, "le parc nucléaire français fonctionne de manière plutôt satisfaisante". Mieux encore, il note que les indicateurs de taux de disponibilité (la période de l'année où il est possible de produire de l'électricité sans incident) "se sont améliorés". 

Pas d'inquiétude. Au micro d'Europe 1 lundi matin, le directeur du Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières a cependant tenu à rappeler que le feu vert donné par Ségolène Royal ne prédisait en rien l'avenir des réacteurs français. "L'autorité de sûreté nucléaire est la seule à pouvoir prolonger la durée de vie des centrales nucléaires", a-t-il souligné, balayant les craintes des écologistes : "L'âge de 40 ans n'est pas nécessairement très préoccupant. Et l'autorité de sûreté nucléaire française est tout particulièrement exigeante".

Un paradoxe. Pour lifter ses centrales, EDF devra lancer un "grand carénage", vaste programme industriel dont le coût est estimé à 55 milliards d’euros sur 10 ans. "Une somme assez considérable", note Patrice Geoffron. La Cour des comptes, quant à elle, parle de 100 milliards d'euros sur 15 ans. Cet investissement lourd n'aurait pourtant qu'un impact limité sur le coût de l'électricité. De son côté, Ségolène Royal a évoqué une électricité "meilleur marché". "Il faudrait avoir pour cela une idée de ce que sera à l'horizon 2030 le coût de production des énergies renouvelables et 'décarbonées'. A l'heure actuelle, on n'en sait rien", pointe le professeur. "La loi prévoit deux choses qui sont contradictoires, d'un côté on s'engage à faire moins de nucléaire et de l'autre à faire plus de renouvelable", souligne Patrice Geoffron.