La prime de Gourgeon devient politique

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La prime de Gourgeon devient politique
Le nouveau ministre de l'Economie a réitéré ses critiques à l'encontre de l'ancien PDG d'Air-France, dont la prime de départ choque.@ MaxPPP
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Le ministre de l’Economie veut que le PDG sortant d'Air France-KLM rembourse ses 400.000 euros.

L'Assemblée générale de la compagnie aérienne Air France-KLM s’annonce houleuse, tant l’affaire de la prime qui doit être attribuée au PDG sortant, Pierre-Henri Gourgeon, fait scandale. Après avoir martelé mercredi que l’Etat, actionnaire minoritaire de la firme, votera contre l’octroi de cette prime, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a haussé le ton : il demande que cette prime soit tout simplement remboursée.

"La morale voudrait en effet que de lui-même, Pierre-Henri Gourgeon rembourse cela (... ) La prime a déjà été versée, mais de manière très claire, nous disons que ce n'est pas ce qu'il faut faire", a déclaré Pierre Moscovici, jeudi matin sur France Inter.

Les rémunérations des PDG, une promesse de campagne

Ancien directeur général d'Air France, Pierre-Henri Gourgeon a en effet reçu à son départ une prime de non-concurrence. En clair, il s’est engagé à ne pas rejoindre une autre compagnie aérienne en échange d’un chèque de 400.000 euros. Problème : Air France-KLM a multiplié les mauvais résultats sous sa direction, ce qui rend choquant un tel montant, d’autant que l’entreprise entre dans une longue phase de rigueur et de restructuration.

Lancé dans un grand débat sur les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises, le gouvernement est d’autant plus attentif à ce cas que Pierre-Henri Gourgeon a également reçu 725.000 euros de "parachute" à son départ.

Pas qu'Air France...

En pleine polémique sur cette prime de non-concurrence, les actionnaires du groupe Safran ont, par ailleurs, rejeté jeudi deux résolutions accordant une indemnité de départ et une retraite chapeau à Jean-Paul Herteman, PDG de l'équipementier d'aéronautique et de défense.

Le gouvernement a, par ailleurs, réitéré l'engagement de ramener "rapidement" l'échelle des salaires dans les entreprises publiques dans une proportion maximale de 1 à 20 et qu'elle s'appliquerait sur les mandats en cours. Certains dirigeants ont d’ailleurs déjà pris les devants, à l’image du président d'EDF Henri Proglio, qui s’est engagé à appliquer de lui-même cette modération salariale en haut de la hiérarchie.

Toutefois, pour éviter les excès de rémunérations dans les entreprises publiques, le ministère de l'Economie a annoncé jeudi que le gouvernement prendra les "mesures conservatoires nécessaires", en attendant la loi qui doit limiter les écarts entre les salaires.