La perte du AAA, c’est aussi du concret

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La perte du AAA, c’est aussi du concret
Avec la perte de la note AAA, la France dans son emnsemble paiera plus cher ses emprunts, handicapant un peu plus la relance de l'économie.@ MAXPPP
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DÉCRYPTAGE - Cette dégradation touche l’Etat mais aussi le consommateur et le contribuable.

Aussi attendue que redoutée, la dégradation de la note souveraine est finalement tombée vendredi soir. La perte du AAA va avant tout se traduire par un renchérissement des prêts que l’Etat contracte pour boucler ses fins de mois. Mais cette dégradation n’est pas qu’une affaire de finances publiques : elle concerne toute l’économie française et risque d’avoir des répercussions concrètes pour le citoyen, le consommateur et le contribuable.

>> Des crédits plus difficiles à décrocher

L’Etat ne sera pas le seul impacté par une hausse des taux, les banques vont aussi avoir plus de difficultés à collecter de l’argent et se montreront plus frileuses envers tous leurs clients. Les prêts immobiliers accordés aux particuliers et les prêts aux entreprises risquent donc d’être plus compliqués à obtenir et seront surtout plus chers. A titre d’exemple, ceux qui souhaitent devenir propriétaires devront donc s’acquitter d’un taux d’intérêt qui va désormais dépasser les 4%.

>> Réduction du train de vie des collectivités territoriales.

Il n’y a pas que l’Etat qui dépense plus qu’il ne gagne : les collectivités territoriales risquent également d’être dégradées dans la foulée, avec une conséquence concrète : le gel de certains projets d’envergure et des embauches, la réduction du train de vie et une probable hausse des impôts locaux.

>> De nouveaux impôts en vue ?

La France continue de dépenser plus qu'elle ne gagne et va payer plus cher ses emprunts : à défaut de réduire les dépenses, l'Etat va devoir augmenter les recettes. Depuis la première crise financière en 2008, le gouvernement a préféré multiplier tous azimuts les mesures d’austérité pour s’éviter un vaste plan de rigueur. Mais ce saupoudrage s’est révélé insuffisant, des mesures structurelles sont donc à attendre, bien que François Baroin ait assuré vendredi soir sur France 2 qu'"il n'y aura pas de troisième plan de rigueur".

Et si le gouvernement ne se lance pas dans de grandes manœuvres, le réajustement se fera après l’élection présidentielle. Les candidats ont donc intérêt à intégrer cette nouvelle donne dans leur programme : plutôt que des promesses, l’électeur devra comparer les recettes minceur de chaque candidat. "Les programmes vont tous devoir être revus. Plus un seul programme ne sera pareil après ce qui s'est passé hier soir", a ainsi commenté Thierry Breton, samedi sur Europe 1.

>> L’emploi touché in fine

Sommé de se serrer la ceinture, l’Etat va probablement continuer son gel des embauches. Confrontées à un renchérissement du crédit et des perspectives de croissance moroses, les entreprises vont également limiter les risques : elles vont reporter des investissements et privilégier le recours à l’intérim et aux CDD plutôt qu’embaucher sous forme de CDI.