La maison mère de Snapchat débarque en fanfare à Wall Street malgré des doutes

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La maison mère de Snapchat débarque en fanfare à Wall Street malgré des doutes
L'entreprise perpétue ainsi le mythe des success story de l'économie du net, alimentant de nouvelles craintes d'une bulle technologique.@ Bryan R. Smith / AFP
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Snap, la maison-mère de Snapchat, réussissait jeudi son entrée à Wall Street en bondissant de quelque 45% lors de premiers pas en Bourse très suivis par les investisseurs.

Snap, la maison mère de la populaire messagerie mobile Snapchat, a fait une entrée fracassante jeudi à Wall Street, confirmant l'appétit des investisseurs pour l'économie du net en dépit de doutes sur la rentabilité du secteur.

Entrée fracassante. L'action, dont le prix d'entrée avait été fixé à 17 dollars, flambait de 47%, à peine 45 minutes après son introduction en Bourse. Elle atteignait 24,99 dollars. La société, lancée en 2011 sous le nom de "Picaboo" et rendue célèbre par ses messages éphémères et ses filtres photographiques, était désormais valorisée quelque 35 milliards de dollars, faisant de ses deux jeunes créateurs, Evan Spiegel et Bobby Murphy, des multi-milliardaires pas encore trentenaires.

Une perte de plus de 500 millions en 2016. L'entreprise rebaptisée Snap en septembre perpétue ainsi le mythe des success story de l'économie du net, provoquant le même emballement des investisseurs et alimentant de nouvelles craintes d'une bulle technologique. Après avoir atteint son premier million d'utilisateurs en 2012, Snapchat en revendiquait 161 millions en décembre dernier et son chiffre d'affaires a été multiplié par sept l'an dernier, à 404 millions de dollars. Mais la start-up a parallèlement accusé une perte nette de 515 millions de dollars en 2016 et doit désormais prouver qu'elle peut rentabiliser son application très prisée des 18-25 ans avec ses messages disparaissant aussitôt après avoir été lus.

Doutes sur le long terme. Certains experts doutent des perspectives de Snap dans un environnement très concurrentiel où certains de ses rivaux comme Facebook ou Google disposent d'une force de frappe financière bien supérieure. "Quand on évalue cette société avec les indicateurs financiers traditionnels (...), l'entreprise ne devrait jamais être valorisée au niveau qui est le sien", relève Michael Wade, professeur de technologies à l'université de Western Ontario. Selon lui, Snapchat est - comme Twitter - par essence "très mal adapté" aux annonceurs qui pourraient rentabiliser l'application. "Snap est une grande entreprise avec une valorisation de 500 millions de dollars mais c'est un désastre total au-dessus de ce seuil", estime Trip Chowdhry de Global Research Equities, estimant que la valorisation actuelle "montre vraiment que les marchés sont complètement déconnectés de la réalité".