La Grèce divise l’UE

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La Grèce divise l’UE
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Les 27 peinent à trouver un accord sur le plan de sauvetage d’Athènes.

Les pays européens ont affiché lundi ouvertement leurs divergences sur l'urgence d'adopter un plan d'aide à la Grèce. Des désaccords qui surviennent à trois jours d'un sommet des dirigeants de l'UE qui s'annonce comme un test majeur et délicat pour la cohésion de la zone euro.

Barroso pour un soutien

La présidence espagnole de l'UE et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont demandé qu'un mécanisme de soutien à Athènes, qui ne serait utilisé qu'en cas de besoin, soit adopté lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens, jeudi et vendredi, à Bruxelles.

"La présidence espagnole va travailler pour ça" et "c'est un moment important pour l'avenir de l'UE, de l'euro", a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, en marge d'une réunion avec ses homologues de l'Union européenne à Bruxelles.

22 milliards d’euros de prêts

Le dispositif passerait par des prêts bilatéraux coordonnés des pays de la zone euro, pour un montant de quelque 22 milliards d'euros et avec des taux d'intérêts inférieurs à ceux que paie aujourd'hui Athènes, selon une source européenne.

Il pourrait être complété par une contribution du Fonds monétaire international (FMI), une solution que n'a pas exclue lundi le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker.

L’Allemagne résiste

Athènes, confronté à une crise budgétaire sans précédent, estime mériter l'appui de ses partenaires après avoir pris de douloureuses mesures d'austérité pour réduire son énorme déficit. Le gouvernement juge aussi que les taux d'intérêt qu'il paye pour emprunter sur les marchés sont trop élevés.

Face à l'inflexibilité de Berlin, l'irritation grandit dans le pays. Le vice-Premier ministre grec Théodoros Pangalos a accusé lundi l'Allemagne de permettre à ses banques de "spéculer contre les obligations grecques" pour "gagner de l'argent". Mais l'Allemagne reste ferme. Elle refuse de s'engager dans l'immédiat à payer pour les problèmes budgétaires de la Grèce.

Cette situation met à rude épreuve les relations de Berlin avec certains de ses partenaires européens, à commencer par le premier d'entre eux, la France.