La "garantie-jeune" en 5 questions

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La "garantie-jeune" en 5 questions
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D'un montant de 434 euros, elle bénéficiera aux18-25 ans qui ne sont ni à l'école, ni en formation, ni en emploi.

Ce n'est ni le "RSA", ni le "RSA jeune", mais une "garantie-jeune" de 434 euros pour les 18-25 ans en situation de grande précarité et d'isolement. Expérimentée depuis mardi dans dix départements (Bouches du Rhône, Seine-Saint-Denis, la Réunion, Vaucluse, Lot-et-Garonne, Allier, Finistère, Aude, et Vosges), cette allocation mensuelle sera versée en 2013 à 10.000 jeunes sélectionnés par une commission locale compétente. Coût estimé de la mesure : entre 500 et 600 millions en rythme de croisière. Europe1.fr vous présente les grandes lignes d'un dispositif en cours de test.

Qui est concerné ? On les appelle les "décrocheurs" : tous les jeunes de 18 à 25 ans en grande précarité qui ne sont ni à l'école, ni en formation, ni en emploi. "Ce sont des jeunes qui ont tellement de problèmes de santé, de famille qu'ils ne peuvent même pas obtenir un emploi aidé du type emploi d'avenir", selon la description de Michel Sapin, le ministre du Travail en charge du dispositif.

Combien de jeunes bénéficiaires ? Ils seront 10.000 dès cette année. En 2014, une deuxième cohorte de 20.000 jeunes sera sélectionnées. Puis le dispositif devrait être évalué en 2015. Même si le gouvernement prévoit d'ores et déjà sa généralisation à l’horizon 2016. Objectif à cette date : 100.000 bénéficiaires sur tout le territoire.
 

Comment les bénéficiaires sont-ils sélectionnés ?  En fonction du profil dressé par Michel Sapin, c'est une commission départementale composée de membres de l'administration, d'élus locaux et de spécialistes de l'emploi qui sélectionne les jeunes bénéficiaires.     

Quelle contrepartie ? "Accorder un revenu sans contrepartie n'est pas une solution", martèle-t-on au ministère du Travail pour prévenir toute polémique sur "l'assistanat" étendu aux moins de 25 ans. Ainsi, après avoir été sélectionné, le jeune signera un contrat d'un an renouvelable avec la Mission locale à laquelle il est rattaché. Il s'engage alors à participer à des groupes de travail, suivre des formations et accepter des expériences professionnelles (stage, CDD et interim). Il pourra d’ailleurs continuer à percevoir son allocation tout en touchant un revenu. S’il ne respecte pas ce contrat, le versement de l’allocation sera suspendu puis supprimé.

Quelle différence avec le "RSA jeune" ? La précédente majorité avait lancé en 2010 le "RSA jeune". La "garantie-jeune" vient compléter ce dispositif, mais contrairement à lui, elle n'est pas conditionnée à une période préalable de travail. Pour bénéficier du RSA jeunes, il faut en effet pouvoir justifier d'au moins deux ans de travail au cours des trois dernières années.
Le montant du "RSA jeune" est identique au RSA classique. Soit 492,90  euros pour une personne seule sans activité et sans ressources. Cette somme peut varier si le RSA est complété par un salaire. Les bénéficiaires de la "garantie-jeune", toucheront, eux, 434 euros.