La France "réac" réplique à Barroso

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La France "réac" réplique à Barroso
José Manuel Barroso à la sortie de l'Elysée, avec François Hollande@ MaxPPP
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REACTIONS - Le patron de la Commission européenne a agacé la France en s’attaquant à son "exception culturelle".

Entre Paris et Bruxelles, c’est "je t’aime moi non plus." Quand l’Europe accorde un délai à la France pour réduire ses déficits, le gouvernement se félicite. Mais quand José Manuel Barroso critique violemment la volonté de la France de défendre l’exception culturelle dans les négociations commerciales avec les Etats-Unis, qualifiant cette attitude de "réactionnaire", François Hollande tape du poing sur la table.

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Qu’a dit Barroso ? Dans un entretien publié par l'International Herald Tribune, José Manuel Barroso n’a pas eu de mots assez forts pour critiquer la position de la France dans les négociations sur un accord de libre échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis. "Cela s'inscrit dans le cadre d'une vision antimondialisation que je considère complètement réactionnaire", a-t-il lancé. "Certains se disent de gauche mais en réalité, ils sont culturellement extrêmement réactionnaires", a-t-il ajouté, sans toutefois explicitement viser le gouvernement français. Mais à Paris, on a compris le message. 

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Hollande n’y croit pas. À son arrivée à Lough Erne, en Irlande du Nord, pour un sommet du G8, lundi, le président français s’est en effet ému des propos de José Manuel Barroso. "Je ne veux pas croire que le président de la Commission européenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi formulés, pas même sur les artistes qui se seraient exprimés", a-t-il déclaré devant la presse, avant de justifier la position de la France dans ce dossier. L'exception culturelle "est un principe qui a toujours été évoqué et à chaque fois écarté des négociations commerciales" conduites par l'Union européenne ces dernières décennies, a rappelé le président français. "Il n'y a pas de raison que ça change cette fois-ci dans la discussion avec les Etats-Unis", a-t-il insisté. Et de conclure, comme une mise en garde implicite : "ce que je demande au président Barroso, c'est maintenant de mettre en œuvre le mandat qui a été décidé par les négociateurs au niveau des gouvernements".

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© MAXPPP

"Des propos inacceptables". Vendredi soir, elle se félicitait d’une "victoire de la France". Lundi, Aurélie Filippetti a déchanté en lisant l’attaque du président de la Commission européenne. "Ces propos sont absolument consternants. Ils sont inacceptables", a déclaré la ministre de la Culture lors d'une conférence de presse. Remontée, Aurélie Filippetti  y voit "une attaque en règle contre tous ceux qui ont suivi la position française" et a estimé, lors de la même conférence de presse, que c'était la Commission européenne qui était "isolée dans sa logique ultralibérale".

"Une insulte" aux nations. Chantre d’une sortie de la France de la zone euro, Marine Le Pen s’est engouffrée dans cette sortie du président de la Commission européenne. "Les insultes du président de la Commission européenne contre la France, qualifiée de réactionnaire par José Manuel Barroso, confirment la violence du système européen qu'on impose aux Français et aux peuples d'Europe contre leur gré", a ainsi déclaré la députée européenne dans un communiqué, avant de se prendre directement au président français dont « la réaction très molle ne surprendra pas : pas plus que l'UMP, il ne peut admettre qu'il a embarqué notre pays dans un véritable cauchemar", a conclu la présidente du Front national.