La France contrainte de revenir à la rigueur

  • A
  • A
La France contrainte de revenir à la rigueur
@ REUTERS
Partagez sur :

RETROPEDALAGE - Le gouvernement avait annoncé la semaine dernière que la France ne pouvait plus se serrer la ceinture. Mais Bruxelles serait passé par là.

"Rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté à la situation", déclarait Michel Sapin mardi 2 septembre. Et le ministre d’annoncer que la France allait probablement réaliser moins que les 21 milliards d’économies fixés afin de ne pas malmener un peu plus la croissance. Mais ça, c’était avant. Avant que l’Union européenne et l’Allemagne ne rappellent au ministre des Finances que la France ne pouvait pas faire encore un écart, alors qu’elle ne va déjà pas respecter ses objectifs de réduction des déficits. Selon Les Echos, le gouvernement va donc faire machine arrière et devrait annoncer mercredi matin que, finalement, les économies seront bien au rendez-vous.

La faute à l’inflation ? "On ne peut pas avoir les mêmes objectifs (de réduction des dépenses, ndlr) avec une inflation qui devient très faible", avait argumenté Michel Sapin pour justifier que la France allait revenir sur son objectif de réaliser 21 milliards d'économies dans la dépense publique en 2015. En effet, une inflation quasi atone est un handicap pour l’Etat : non seulement il va encaisser moins d’argent, notamment la TVA, mais aussi réaliser moins d’économies qu’espéré lors du gel de plusieurs prestations sociales et des retraites. Michel Sapin pensait donc que le mini-renoncement de la France paraitrait justifié. Sauf que l’inflation est tout aussi plate dans le reste de l’Europe, ce qui ne l’empêche pas de se réformer.

>> LIRE AUSSI - La France demande à assouplir la rigueur

Premier avertissement du FMI. De passage en France pour d’autres raisons, en l’occurrence l’arbitrage Tapie/Adidas, la directrice du Fonds monétaire international (FMI) avait désavoué le ministre des Finances. "Ce grand débat sur l’austérité contre la croissance n’est pas d’actualité en 2014", avait souligné Christine Lagarde, avant d’ajouter : "Il faut garder le cap de la réduction des dépenses publiques".

>> LIRE AUSSI - L’austérité, quelle austérité ?

Bruxelles et Berlin s’impatientent. Un message similaire a visiblement été envoyé par l’Union européenne et l'Allemagne.  "Le signal a été mal perçu à Bruxelles et Berlin, alors même que la France cherche déjà à obtenir un feu vert pour ralentir le rythme de réduction du déficit public. Dit autrement, la France ne peut pas à la fois abandonner ses objectifs de déficit public et rogner ses objectifs d’économies", affirme Les Echos. Avant de préciser : "Les déclarations de Michel Sapin ont d’autant plus surpris à Berlin que le ministre des Finances avait, quelque jours plus tôt, réaffirmé l’objectif d’économies lors de l’université d’été du Medef... en présence de son homologue allemand, Wolfgang Schäuble".

2 milliards d'économie à dénicher. Le gouvernement devrait donc revenir à ses objectifs initiaux, réaliser 21 milliards d’économies et non 19 milliards comme espéré, lors d’une conférence de presse mercredi matin. Ce qui signifie trouver 2 milliards d'économies supplémentaires, a priori dans les dépense de l'Etat et le budget de la Sécurité sociale. Reste à savoir comment le gouvernement compte y arriver et regagner une image de sérieux budgétaire.