La "formation prioritaire des chômeurs", mode d'emploi

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La "formation prioritaire des chômeurs", mode d'emploi
François Hollande lundi, lors du discours d'ouverture de la quatrième Conférence sociale. @ THOMAS SAMSON / AFP
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MODE D'EMPLOI - François Hollande veut financer 150.000 "formations prioritaires" en 2016. Mais qu'est-ce que c'est?

Le dispositif  de "formation prioritaire" des chômeurs resurgit et monte en puissance. Après le "plan" 30.000 en 2013, puis le "plan 100.000" en 2014, François Hollande a annoncé lundi un "plan 150.000" pour 2016. "Je souhaite le renouvellement pour 2016 du plan relatif aux formations prioritaires" qui "sera porté l'an prochain à 150.000", a  déclaré le chef de l'Etat en ouvrant la 4e conférence sociale de son quinquennat.

>> Mais qu'est-ce que cette "Formation prioritaire" ? Qui y a droit ? Comment ? Un chômeur peut-il déjà prétendre à une formation pour 2016 ? Mode d'emploi.

Qu'est-ce qu'une formation prioritaire ? En 2014, un quart des formations accordées aux chômeurs étaient "prioritaires", selon les derniers chiffres de Pôle emploi. En tout, 114.500 demandeurs d'emploi en on bénéficié l'an dernier, après 40.000 en 2013. Le dispositif, qui ne devait à l'origine pas être prolongé au-delà de 2014, consiste à former les chômeurs à des métiers dits "en tension", au sens où les employeurs ne trouvent pas de personnel qualifié. La formation est financée par la Région, Pôle emploi et les missions locales. Elle est souvent courte (moins de 3 mois dans 75% des cas) et directement professionnalisante. L'apprenti ne paye rien. Et il est soit indemnisé, soit il bénéficie d'une allocation, qui varie en fonction du métier et du nombre d'heures, le minimum étant 450 euros par mois.

Selon les chiffres de Pôle emploi, ce type de formations offre un emploi rapide et durable dans 41% des cas à ceux qui en ont suivi une, notamment dans les transports, la logistique, le commerce, la grande distribution et l'Industrie.

Qui y a droit ? En théorie, tous les chômeurs peuvent prétendre à une "formation prioritaire". Cela dépend des besoins de formation de chaque région et du projet professionnel du demandeur d'emploi. Souvent, le chômeur est orienté vers une formation qui correspond à son expérience professionnelle passée, afin de perfectionner ses compétences. Près de 70% des formations prioritaires sont tournées vers des personnes ayant un niveau de diplôme en dessous du bac. Mais un ciblage est effectué en fonction des expériences passées du chômeur. "On ne peut pas envoyer n'importe qui n'importe où. L'employeur risque d'être déçu", reconnaît à Europe 1 une source bien informée à Pôle emploi.  Un ouvrier industriel, par exemple, ne sera pas considéré comme prioritaire pour une formation en gériatrie, comparé à une personne habituée à travailler avec des seniors.

Ceux qui sont sortis du marché de l'emploi depuis longtemps, voire qui n'y sont jamais entrés, pourront également se faire former à un emploi moins qualifié, pour bénéficier ensuite d'un emploi aidé par exemple. "Les dispositifs d'aide peuvent se compléter entre-eux", nous précise-t-on chez Pôle emploi. C'est vers eux que François Hollande veut mettre l'accent en 2016. Le chef de l'Etat a annoncé un "plan encore davantage tourné vers les chômeurs longue durée, vers les seniors et vers les jeunes". Pour l'heure, les personnes sans expérience ne représentent que 5% des apprentis en formation prioritaire.


Chômage : François Hollande annonce 150 000...par publicsenat

Comment y avoir accès ? Pour accéder à une formation prioritaire, le demandeur d'emploi doit s'adresser à son conseiller Pôle emploi voire à sa mission locale pour lancer les démarches. Mais le chômeur doit d'abord mûrement préparer son projet et répondre à différentes questions: quelles sont mes compétences ? Comment puis-je les améliorer ? Jusqu'où suis-je prêt à bouger géographiquement ?

 Le demandeur d'emploi, via son conseiller Pôle emploi ou le site de l'institution, via la mission locale ou même via le site de son Conseil régional, peut ensuite consulter la liste des formations disponibles, pour déterminer si elles lui correspondent, ne serait-ce que géographiquement. Le conseiller Pôle emploi peut en effet avoir accès à un "top 5" ou "top 10" des métiers en tension de la région. Et il vaut mieux avoir une idée précise de son projet avant de lancer une démarche concrète.

Faut-il attendre 2016 ? Pour l'instant, rien ne pourra se faire concrètement avant 2016. En effet, le nouveau plan annoncé par François Hollande ne sera financé qu'à partir de l'an prochain. Ce qui ne veut pas dire que le demandeur d'emploi ne peut pas s'y préparer dès maintenant. D'une part, toujours via Pôle emploi, la mission locale ou son Conseil régional, il peut commencer à consulter la liste des formations disponibles actuellement et des secteurs "en tension". La plupart souffre d'une pénurie de main d'œuvre sur le long terme et resteront en "tension" même en 2016.

Enfin, le chômeur peut déjà se rapprocher de Pôle emploi pour demander dès maintenant une "immersion en entreprise". Une sorte de stage d'observation non rémunéré qui permet au demandeur d'emploi de voir s'il se dirige bien vers le métier qu'il désire.