La dette, une histoire sans fin ?

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La dette, une histoire sans fin ?
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Depuis plus de trente ans, la dette publique augmente invariablement. Et les discours politiques sont invariablement les mêmes.

"La dette a beaucoup augmenté, a trop augmenté. C’est une évidence, et je ne le conteste pas", a déclaré Nicolas Sarkozy… en 1994. À l’époque, le ministre du Budget du gouvernement Balladur ajoutait qu’un calendrier de réduction des déficits était fixé :"Il sera strictement respecté. Les voies du redressement sont donc tracées, et les Français n’ont aucune raison d’être inquiets pour l’avenir."

Quinze ans plus tard, la dette, qui représentait à l’époque moins de 50% du Produit intérieur brut, atteint désormais 78% du PIB. Ce chiffre grimpera à 84% en 2010, et, selon le projet de loi de finances présenté mercredi par le gouvernement, à 91% en 2013. Pour rappel, en 1992 à Maastricht, chaque pays de l’Union européenne s’était engagé à ce que sa dette publique ne dépasse pas 60% de son PIB.

"Il faudra rembourser la dette un jour." Le refrain semble bien connu de l’ensemble de la classe politique (voir ci-dessous). Mais depuis plus de trente ans, la courbe s’envole presque invariablement. Dès lors, pourquoi faudrait-il s’alarmer aujourd’hui plus qu’hier ?

Florilège de déclarations pessimistes ou volontaristes de ces quinze dernières années, du Nicolas Sarkozy ministre au Nicolas Sarkozy président :

"La dette a beaucoup augmenté, a trop augmenté. Dès son arrivée aux affaires, le gouvernement s’est engagé dans un programme de réduction progressive du déficit. Le calendrier a été fixé. Il sera strictement respecté (…) ce qui permettra d’éviter l’effet boule de neige et de stabiliser le poids de la dette dans le PIB. Les voies du redressement sont donc tracées, et les Français n’ont aucune raison d’être inquiets pour l’avenir."
Nicolas Sarkozy, ministre du Budget (RPR), 1994

"Pour s’affranchir de l’effet « boule de neige » de la dette, il sera nécessaire, dans un premier temps, de réduire le déficit public à un niveau permettant de stabiliser l’encours de la dette de l’Etat par rapport au PIB, puis, dans un second temps, de viser l’équilibre budgétaire."
Alain Lamassoure, ministre du Budget (RPR), 1996

"Nous devons nous tenir à 3 % maximum de déficit. C'est moins Maastricht qui impose cette contrainte que la nécessité d'arrêter la boule de neige de la dette. C'est indispensable si l'on veut éviter de passer aux générations futures le poids de la dette en plus de celui des retraites."
Christian Sautter, ministre du Budget (PS), 1997

"Paris se rapproche dangereusement de la barre des 60% du PIB que le traité de Maastricht interdit de dépasser. J’entends faire en sorte d’obtenir, à partir de l’an 2000, une inversion historique de cette évolution. On est aujourd’hui à 58%, cela commencera à baisser à partir de l’an 2000."
Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Economie (PS), 1998

"En 1999, le déficit public sera limité à 2,3% du PIB ; en 2000, nous passerons franchement en dessous de 2% du PIB pour casser la spirale de la dette."
Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Economie (PS), 1998

"Trente années successives de déficit aboutissent à une montagne de dette. Elle a été multipliée par 10 depuis les années 70, alors que notre pays connaissait une période de paix. Des solutions existent. Notre devoir est d’éveiller les Français à la dimension d’une dette que ni l’inflation, ni les dévaluations ne viendront plus jamais alléger."
Alain Lambert, ministre du budget (UMP), 2004

"La dette est notre ennemi. Je veux stopper cette lente et sourde dégradation de nos finances publiques. Notre première arme pour combattre la dette, c’est dire la vérité aux Français, arrêter de multiplier les promesses à tous et les cadeaux à chacun."
François Bayrou, candidat du MoDem à la présidentielle, 2007

"Je ne serai pas le premier ministre qui laisse aux générations futures la facture de nos imprévoyances et de nos lâchetés."
François Fillon, premier ministre, 2008

"Je suis conscient qu'il faut s'attaquer à la dette, mais en période de crise, on ne peut pas réduire le déficit."
Nicolas Sarkozy, président de la République (UMP), 2009

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