Achat de voiture : "la consommation annoncée est bidon"

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Après les perquisitions chez Renault et le scandale Volkswagen, le journaliste Nicolas Le François estime qu'il est quasiment impossible de donner des taux d'émissions et de consommation exacts.

INTERVIEW

Il n’y avait "pas de fraude avérée" sur les contrôles antipollution des moteurs diesel de Renault et "c’est peut-être pour cela que ces perquisitions [révélées jeudi] ont eu lieu", selon Nicolas Le François. Le journaliste indépendant spécialisé dans l’automobile est revenu vendredi dans la Matinale d’Europe 1 sur les perquisitions qui ont eu lieu la semaine dernière chez le constructeur automobile français. L’annonce de ces opérations de la répression des fraudes a fait chuter le titre Renault de 10,3% à la Bourse de Paris.

Nicolas Le François a expliqué que 22 véhicules diesel sur les 100 prévus ont été déjà testés par la commission Royal, créée pour détecter d'éventuelles fraudes à la pollution sur des voitures françaises après le scandale Volkswagen. Parmi eux, quatre Renault ont été passées au crible.

"Impossible" de recréer des conditions réelles de circulation. Les déclarations de Ségolène Royal sur le sujet - l’Etat est le premier actionnaire de Renault - sont dignes de confiance selon le journaliste. Ségolène Royal a annoncé jeudi que si aucune fraude n’avait été détectée, les tests avaient mis au jour plusieurs "dépassement de normes" CO2 et oxyde d'azote chez Renault et "plusieurs" autres constructeurs.

Des faits qui posent la question plus large des émissions de gaz polluants et de la consommation annoncés par les constructeurs à leurs clients. Pour Nicolas Le François, ces taux ne peuvent pas être exacts : "jusqu’à preuve du contraire, la consommation est bidon quand on achète une voiture". Il estime qu’il est "impossible", lorsque ces véhicules sont testés, de reproduire les conditions réelles dans lesquelles ils seront amenés à circuler : météo, trafic, type de route… "Pour faire des essais sur route, il n’y a jamais de conditions équivalentes, à moins de faire rouler 100 voitures en même temps !", résume-t-il.