La conférence sur le déficit boycottée

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La conférence sur le déficit boycottée
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Nicolas Sarkozy a promis des "décisions extrêmement importantes" pour contenir les déficits.

"Notre situation est certes meilleure que celle de beaucoup de nos partenaires. Mais avec un déficit public qui représente environ 8% de notre richesse nationale, personne ne peut dire qu'elle n'est pas sérieuse", a déclaré Nicolas Sarkozy jeudi lors de la conférence sur le déficit. "En avril, pour les collectivités locales, pour la sécurité sociale, comme pour l'Etat, nous prendrons des décisions extrêmement importantes pour contenir les déficits (...) des décisions extrêmement précises pour que la spirale des déficits ne porte pas atteinte à la crédibilité de notre pays", a déclaré le chef de l’Etat pour qui "nous dépensons trop et nous dépensons mal".

"Pas concernés"

Le chef de l'Etat comptait mobiliser pour l'exercice tous les acteurs de la dépense publique - Etat, sécurité sociale et collectivités locales - mais sa quête de consensus s'est heurtée au boycott des élus de gauche. Echaudées par la suppression de la taxe professionnelle et la création du conseiller territorial ; l'Association des régions de France (ARF) et l'Association des départements de France (ADF), toutes deux présidées par des élus PS, ont boycotté les travaux en reprochant au gouvernement de vouloir faire porter aux collectivités locales la responsabilité de la dérive des déficits. "Nous ne nous sentons vraiment pas concernés", a déclaré Claudy Lebreton (PS), président de l’ADF.

Le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud, était le seul représentant de l'opposition à la conférence organisée à l'Elysée en présence de plusieurs ministres et du chef du gouvernement, François Fillon. Seule association d'élus représentée, l'Association des maires de France l'était par son président, l'UMP Jacques Pélissard. Il avait indiqué par avance qu'il soulignerait que les communes ne sont pas responsables du déficit et ne peuvent pas "continuer à subir les décisions nationales en matière de normes".

Troisième poste de dépenses publiques

Accusées d'augmenter les effectifs de leurs fonctionnaires au moment où l'Etat s'efforce de réduire les siens, les collectivités locales ont représenté en 2008 un peu plus de 20% des 1.027 milliards d'euros de dépenses publiques de la France, dont elles ont été le troisième poste derrière les régimes sociaux (45%) et l'Etat (28%).