"La BPI n'aidera pas les canards boiteux"

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"La BPI n'aidera pas les canards boiteux"
"La BPI aura vocation à maintenir l'activité et non pas à aider les canards boiteux", a prévenu Jean-Pierre Jouyet sur Europe 1.
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INTERVIEW E1 - Pour Jean-Pierre Jouyet, son futur président, la Banque publique n'aura pas vocation à aider Florange.

"Nous financerons les bons projets, pas les canards boiteux." Jean-Pierre Jouyet, futur président de la Banque publique d'investissement (BPI), a donné une image plutôt... originale des missions de l'établissement public présenté mercredi en Conseil des ministres. "Nous financerons les bons projets, au service du développement durable, de la transition énergétique, du numérique..." a-t-il détaillé.

Or les "bons projets", selon lui, excluent quelques sites en proie à des plans sociaux, qui font la Une des médias depuis quelques mois. À la question : "la BPI sauvera-t-elle Florange?" ou même Sanofi et Alcatel, il répond: "la BPI aura vocation a maintenir l'activité, pas à aider les canards boiteux." Et le futur président de l'établissement de préciser sa pensée : "s'il y a des solutions globales, nous pouvons étudier tel ou tel cas. Mais notre mission sera d'aider les PME et les entreprises de taille intermédiaire, pas les grands groupes. Nous souhaitons aider à des projets d'avenir pour compenser les difficultés que vous avez citées."

>> Mise à jour, 16h31 : François Hollande est personnellement intervenu pour mettre les points sur les i. "Florange n'est pas un canard boiteux", a-t-il dit . "Florange fait partie d'ArcelorMittal, ArcelorMittal n'est pas un canard boiteux à ma connaissance." "Ce que le président de la BPI a dit, c'est que c'est une stratégie offensive que doit engager la BPI", a-t-il ajouté.

"Un outil offensif et pas défensif"

Le gouvernement a signé mercredi l'acte de naissance de la Banque publique d'investissement l’une des principales promesses de campagne de François Hollande pour soutenir les entreprises qui peinent à se financer auprès des banques. Destinée exclusivement aux PME, la BPI servira à promouvoir des filières d'avenir et non à sauver des entreprises en danger, comme l’a rappelé mercredi le ministre de l’Économie et des Finances Pierre Moscovici : "ce n'est pas un outil défensif, c'est un outil offensif".

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"Les missions de la banque, ce sera bien sûr de faire des prêts mais c'est aussi d'accompagner tout au long de leur vie et de leur développement chacune des entreprises, de les aider à l'export, de les soutenir à l'innovation et de favoriser partout la transition énergétique", avait également précisé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

La BPI aura "une force de frappe" de 42 milliards d'euros. Jean-Pierre Jouyet, qui dirige également la Caisse des Dépôts, a été nommé président de la future structure. Il sera épaulé par Nicolas Dufourcq, actuel directeur général adjoint de Capgemini.

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