L’UE encadre les bonus des traders

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L’UE encadre les bonus des traders
@ REUTERS
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Les bonus des banquiers seront encadrés et limités dès 2011 au sein de l'Union européenne.

Ils sont montrés du doigt par les politiques de tout bord et partout dans le monde depuis deux ans. Deux années pendant lesquelles il ont été au cœur des sommets internationaux. Deux ans qu’ils sont accusés d'avoir encouragé une spéculation effrénée durant la crise. Deux ans qu’il faut les limiter. Ça y est. Les eurodéputés ont adopté mercredi à une large majorité un texte limitant les bonus des traders et des dirigeants de banques en Europe.

Différer et limiter

La directive oblige les établissements bancaires à plafonner la part de la rémunération variable dans la rémunération totale. A compter du 1er janvier 2011, les dirigeants et traders ne pourront plus toucher plus d'un tiers de leurs bonus en cash et le versement de 40% de la rémunération variable totale sera différé d'au moins trois ans. Par ailleurs, au moins 50% de la part non différée de la rémunération variable devra être versée sous forme d'actions qui feront l'objet d'une période de rétention minimale.

L’objectif de ces paiements différés est de permettre à l'employeur d'en récupérer une partie au cas où les investissements ne fonctionneraient pas comme prévu. Il s’agit aussi de les récupérer en cas de difficultés bancaires, afin d'éviter aux contribuables de se retrouver en première ligne lorsqu'une banque rencontre des difficultés.

Des députés satisfaits

"L'Europe se dote des règles d'encadrement des rémunérations des dirigeants des banques et des traders les plus ambitieuses au monde", estime de son côté l'eurodéputé Vert français Pascal Canfin, l'un des négociateurs du texte. "Les banquiers ont échoué à agir de façon appropriée, donc nous faisons le travail à leur place, pour reconstruire la confiance dans notre système bancaire", renchérit la socialiste Arlene McCarthy, rapporteur parlementaire sur le dossier.

Cette avancée sur les bonus est bienvenue pour les Européens, au moment où ils peinent à avancer sur d'autres réformes financières, et notamment sur leur projet phare visant à renforcer la supervision du secteur bancaire.

Des banquiers inquiets

C’est du côté des premiers intéressés que le bât blesse. "Nous pensons que l'accord va trop loin, parce qu'au niveau international, il y a déjà des principes", sous forme de recommandations, estime le secrétaire général de la Fédération bancaire européenne, Guido Ravoet. "Ce n'est pas aux autorités publiques de mettre des montants, des pourcentages", mais aux institutions bancaires, selon Guido Ravoet, pour qui "si au niveau international, on ne suit pas l'Europe, les banques européennes auront un désavantage compétitif".