L'Europe s'attaque (enfin) à ses paradis fiscaux

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L'Europe s'attaque (enfin) à ses paradis fiscaux
L'Union européenne s'est mise d'accord sur un accord en attente depuis 2008.@ Maxppp
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L’échange automatique de données fiscales entre les 28 Etats de l’Union a finalement été accepté par l’Autriche et le Luxembourg.

Accord des 28. Les Européens ont décidé jeudi de renforcer la lutte contre l'évasion fiscale, en adoptant un texte en souffrance depuis 2008 sur la fiscalité de l'épargne, jusqu'ici bloqué par l'Autriche et le Luxembourg. Il y a un "feu vert du Luxembourg", a annoncé le Premier ministre du Grand Duché, Xavier Bettel, lors d'un point de presse. L'Autriche a également donné son accord, a indiqué une source européenne. Ce texte doit permettre d'étendre l'échange automatique d'informations fiscales aux versements effectués par des trusts ou des fondations et est une composante importante de l'arsenal de l'UE pour lutter contre l'évasion fiscale et le secret bancaire.

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 "Cela fait longtemps que le Luxembourg avance vers une place bancaire transparente. Nous avons aujourd'hui confirmé que nous voulons aller dans cette direction", a affirmé Xavier Bettel. Les décisions en matière de fiscalité requièrent l'unanimité des 28 Etats membres. Or, Vienne et Luxembourg avaient jusqu'à présent refusé de signer le texte, considérant l'égalité de traitement avec cinq pays non-membres de l'UE (Suisse, Liechtenstein, Monaco, Andorre et Saint-Marin) comme un préalable à leur propre accord.

Or les négociations avec ces pays ont enregistré "de bons progrès", avait souligné il y a une dizaine de jours le commissaire européen chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta.

"Nous aurions aimé garder un secret bancaire fort". Du côté des banquiers luxembourgeois, l'heure est maintenant à une exigence accrue d'équité. "Nous aurions aimé garder un secret bancaire fort, mais l'Europe n'en a pas voulu", regrette Jean-Jacques Rommes, directeur de l'ABBL (Association des banques et banquiers du Luxembourg), au micro d'Europe1. "Et ce que nous voulons, c'est que ce nouveau standard dépasse l'Europe", ajoute-t-il. Aujourd'hui, "nos clients nous quittent et vont ouvrir leurs comptes en Suisse ou à Singapour", précise-t-il.

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