L'Etat finance dix fois moins de préretraites qu'en 1998

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L'Etat finance dix fois moins de préretraites qu'en 1998
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8.260 salariés du privé ont bénéficié de ce dispositif en 2008 contre 78.780 il y a dix ans.

L'Etat finance dix fois moins de préretraites qu'il y a dix ans, ce qui s'accompagne depuis 2002 d'une augmentation "très sensible" du chômage indemnisé parmi les plus de 55 ans, selon une étude du ministère du Travail mise en ligne lundi.

En 2008, 8.260 salariés du privé - principalement d'ex-travailleurs exposés aux dangers de l'amiante - sont entrés dans un dispositif de préretraite financé en partie ou en totalité par l'Etat, contre 10.400 en 2007 et 78.780 en 1998, selon le département statistique du ministère (Dares). Fin décembre 2008, la métropole comptait 62.388 préretraités du privé dans un dispositif faisant intervenir l'Etat, contre 237.715 en 1996.

L'Etat avait mis en place à partir de 1963 des dispositifs de préretraites (Allocation spéciale du Fonds national de l'emploi, AS-FNE) et jusqu'aux années 2000, aux sigles divers (PRP, ARPE, CAATA, CATS) pour limiter l'impact des licenciements. Les bénéficiaires sont surtout des hommes de 57 à 59 ans, et ouvriers. Il était communément admis que cela favoriserait l'embauche de salariés plus jeunes, et devait servir aussi à permettre à des salariés ayant connu des conditions de travail éprouvantes, voire dangereuses, de s'arrêter.

Les conditions d'accès aux dispositifs ont ensuite été restreintes, la charge financière étant alourdie d'autant pour les entreprises, avant un coup d'arrêt en 2003. Certaines entreprises, surtout les grandes, continuent d'organiser le départ de salariés âgés en préretraite, sans aucun recours à un financement public (préretraite maison, dispense d'activité, congé de fin de carrière). Elles doivent payer une taxe au Fonds de solidarité vieillesse, augmentée en 2007.