L’État a-t-il lâché Alstom aux Américains ?

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L'INFO POL - La France ne compte pas monter au capital de l'industriel, racheté par General Electric. Le gouvernement est sommé de s'expliquer.

L’État a-t-il donné trop de pouvoir aux Américains dans le dossier Alstom ? Lors de la vente de ce fleuron de l’industrie Française à General Electric (GE), validée en novembre dernier, l’État français était censé monter au capital du nouvel ensemble, à hauteur de 20%. C’était la contrepartie arrachée en juin, lors des négociations sur le dossier, par Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Economie.

Mais plus de six mois plus tard, la France n'a toujours pas investi un centime. Et selon les informations d'Europe1, l’État ne compte pas aller plus loin.

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Les élus demandent des comptes. Une partie de la classe politique se mobilise donc pour demander des comptes au gouvernement. Certains élus accusent en effet le gouvernement d’avoir abandonné trop de pouvoir aux Américains de GE.  Jean-Pierre Chevènement a d'ailleurs rencontré Emmanuel Macron cette semaine sur le sujet. Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) s'entretiendra avec François Hollande la semaine prochaine, pour lui demander de tenir ses promesses.

Arnaud Montebourg

© PHILIPPE MERLE / AFP

Une audition du ministre de l’Économie et des protagonistes du dossier a également été décidée à l’Assemblée. "On est en train de se demander si on n'a pas vendu trop de pépites à GE, ils ont pris le pouvoir", concède un conseiller de l’ombre qui suit les affaires économiques aux première loges, contacté par Europe1. "Ils", ce sont les Américains.

Montebourg n'exclut "pas d'intervenir". Arnaud Montebourg lui-même suit le dossier de près. L'ancien ministre de l’Économie le dit lui-même: "je défendrai mon bilan et je n’exclus pas d’intervenir".

Bercy, de son côté, réécrit l’histoire en expliquant que ce n’était qu’une option. Et pour cause : une telle transaction coûterait deux milliards d'euros. Et l’État ne peut pas se le permettre actuellement.