L’austérité avant la croissance

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L’austérité avant la croissance
@ MAXPPP
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Le gouvernement va effectuer un sévère tour de vis budgétaire et fiscal dans les 18 prochains mois.

Austérité, rigueur, "réalisme de gauche". Peu importe le terme consacré, les prochains mois s’annoncent difficiles, le gouvernement ayant décidé de s’attaquer en premier au déficit croissant de la France. L’effort s’annonce considérable : Matignon et Bercy estiment qu’il va falloir économiser 45 milliards d’économies au cours des 18 prochains mois.

Solder le bilan du quinquennat Sarkozy

Le gouvernement et le ministre de l’Economie Pierre Moscovici n’ont cessé de le répéter : si des mesures difficiles s’imposent, c’est avant tout pour régler en urgence l’ardoise laissé par le duo Sarkozy - Fillon. "Ils n'ont rien foutu pour réduire les déficits pendant cette année et c'est à nous que revient le poids de réformes structurelles justes. Qu'ils se taisent, nom de Dieu!", a ainsi lancé dimanche Pierre Moscovici.

Le gouvernement Fillon a en effet adopté plusieurs mesures sans les financer : la prime de Noël pour les bénéficiaires du RSA et les aides aux agriculteurs vont, entre autres, coûter 1,5 milliards d’euros. Que des mesures prises récemment ne soient pas financées n’est cependant pas si exceptionnel mais si le gouvernement insiste, c’est parce que s’ouvre une vaste séquence politique entièrement dédiée à l’austérité.

Environ 45 milliards à trouver en 18 mois

Ardoise laissée par les prédécesseurs, déficit en hausse, audit alarmant de la Cour des Comptes remis lundi, croissance en berne et chômage en hausse : tout cela va justifier l’énorme coup de ceinture qui s’annonce.

Face à un contexte difficile, le gouvernement a en effet décidé un grand plan de rigueur qui va surtout se concentrer sur les deux premières années, Matignon espérant pouvoir après distribuer les fruits d’une croissance retrouvée. L’effort est sans précédent : il va falloir économiser environ 45 milliards d’économies en 18 mois.

Une austérité en deux temps

Jean-Marc Ayrault va dans un premier temps poursuivre les réformes initiées par François Fillon : le gel des budget des ministères, une contribution exceptionnel pour les plus riches, des taxes sur les banques, les stocks pétroliers. Puis le budget 2013 sera débattu en septembre, avec des baisses d’effectifs dans la Fonction publique et des impôts pour les classes moyennes.

Lundi matin, la Cour des comptes a confirmé l'ampleur de l'effort budgétaire, estimant qu'il faudra économiser entre 39 et 43 milliards d'euros d'ici fin 2013. Bref, sous la pression des marchés, des agences de notation et de nos partenaires européens, priorité est donnée à la lutte contre les déficits. Les politiques ont pris l’habitude de dire que leurs prédécesseurs ont laissé une ardoise à nos petits enfants, sauf que les petits enfants c’est nous.