L'assurance-vie, symptôme de la crise ?

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L'assurance-vie, symptôme de la crise ?
La crise des dettes souveraines aura un impact "très mesuré" sur les taux de rendement des contrats d'assurance-vie", a indiqué mardi la Fédération française des sociétés d'assurance.@ MAXPPP
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Les Français ont massivement retiré leur épargne de l'assurance-vie en septembre.

La collecte nette des produits d'assurance-vie a été négative en septembre, une première depuis décembre 2008 pour ce placement pourtant traditionnellement prisé des Français, a indiqué lundi la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA). 9,7 milliards d'euros ont été placés sur ces contrats le mois dernier, alors que dans le même temps, les compagnies ont déboursé quelque 11,5 milliards d'euros sous forme de prestations et de rachats. Avec des rachats de contrats supérieurs à la collecte, l'assurance-vie affiche donc en septembre une décollecte de 1,8 milliard d'euros. Simple désamour ou aversion liée à des inquiétudes sur la crise ?

Plusieurs facteurs

"Une décollecte de 1,8 milliard d'euros ne remet pas en cause l'attrait des épargnants pour ce placement garanti, dont la rémunération reste attractive", a estimé lundi le président de la FFSA Bernard Spitz.

Il faut dire que le mois de septembre est traditionnellement un mois de dépenses courantes. Et en période de crise, l'effet est décuplé. Les épargnants n'hésitent alors pas à puiser dans leur contrat pour les consommations courantes.

Autre explication possible : l'assurance-vie fait de moins en moins le poids face aux placements comme le livret A, dont le taux ne cesse de grimper depuis un an. Il a ainsi atteint les 2,25% en août alors que l'assurance-vie régresse en moyenne de 3,4%. Une explication à relativiser toutefois puisque d'après les chiffres, le Livret A n'a pas particulièrement profité de la désaffection constatée en septembre pour l'assurance-vie.

Enfin, une grande partie des contrats des 50-70 ans, la clientèle principale de l'assurance-vie, sont arrivés à terme. Ces clients n'hésitent donc pas à utiliser leurs économies pour un complément de retraites ou pour investir dans l'immobilier sans avoir à faire appel au crédit.

Impact limité de la crise de la dette

A l'heure de la crise grecque, se pose toutefois la question d'un risque pour les contrats d'assurance-vie placés en obligations grecques. Mais la plupart de ces contrats sont composés d'actions très diversifiées, ce qui rend l'exposition au risque grec très limitée.

Du côté de la Fédération française des sociétés d'assurance, on explique que la seule conséquence pourrait concerner les taux, qui, dans les moins qui viennent, pourraient tomber sous la barre des 3%. Mais sans la situation actuelle, l'assurance-vie reste un placement extrêmement solide (...) avec des rendements positifs. Tous les actifs ne peuvent pas en dire autant", a tenu à rassurer mardi Bernard Spitz.

En neuf mois, la collecte des cotisations se monte à 98 milliards d'euros, soit une baisse de 11% par rapport à la même période de 2010, précise l'association dans son communiqué.