L'Assemblée nationale cherche du liquide

L'Assemblée nationale a voté jeudi une hausse de 160% des taxes sur la bière
L'Assemblée nationale a voté jeudi une hausse de 160% des taxes sur la bière © REUTERS
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avec AFP
Malgré la polémique, les bières seront davantage taxées. Les boissons énergisantes aussi.

C'est acté. Au comptoir, dans son canapé ou en terrasse… Boire une mousse coûtera plus cher. Malgré la fronde des brasseurs, l'Assemblée nationale a voté jeudi une hausse de 160% des taxes sur la bière, soit environ cinq centimes pour une pression de 25 cl. La hausse touche les droits d'accises, une taxe imposée aux producteurs et qui s'élève actuellement à 2,75 euros par degré d'alcool et par hectolitre.

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Une atténuation pour les petits brasseurs. Cette augmentation sera toutefois limitée pour les brasseries dont la production n'excède pas 200.000 hectolitres. Gérard Bapt, rapporteur PS du budget de la sécurité sociale, assure que "442 petites brasseries vont être préservées." "Jusqu'à 200.000 hectolitres, on sera à la moitié de la taxation qui pèsera sur les gros producteurs", avance-t-il. Le niveau de taxation variera aussi en fonction du degré d'alcool mais à la marge.

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"Un coup porté au pouvoir d'achat"

Un tollé à droite. Le gain attendu de cette taxation prévue sur les bières s'élève entre 450 et 480 millions d'euros, prévus pour le Budget de la sécu. Mais elle ne s'est pas votée sans mal. La nouvelle a en effet provoqué une bronca chez nombre de députés du Nord et de l'Est de la France, où est produite une grande partie de la bière française.

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Bernard Gérard (UMP) a ainsi dénoncé "un coup économique fatal qui, en plus, favorisera la consommation de bière étrangère!". Le député UMP Bernard Robinet, cité par le Canard enchaîné, avait lui menacé d'un "coup porté au pouvoir d'achat des plus modestes". "Comme le disait Charles De Gaule, lorsqu'on demande aux états-majors de faire des économies, il faut les empêcher de le faire sur les haricots des soldats", scandait-il.

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Le PS calme le jeu. Gérard Bapt leur a rétorqué qu'il "ne fallait pas exagérer cette hausse" puisque cette "taxe à la consommation ne sera que de 5 centimes par canette." Et de rappeler que la France n'est qu'au 20e rang en Europe pour la taxation de la bière et passera au 10e après l'adoption de la mesure, "soit bien après la Grande Bretagne et les Pays-Bas".

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Jérôme Cahuzac a, quant à lui, souligné qu'il y avait dans cette mesure "une finalité de santé publique". Le ministre du Budget a souligné que beaucoup de réactions de l'opposition lui rappelaient les "outrances" lors du vote de la loi Evin de 1991 contre le tabac et l'alcool.

Les boissons énergisantes aussi touchées

Les boissons énergisantes aussi taxées. L’Assemblée a également voté jeudi un amendement instaurant une taxe spéciale sur les boissons énergisantes, fixée à 50 euros par hectolitre. Cette taxe spécifique touchera les boissons contenant un seuil minimal de 0,22 gramme de caféine et 0,3 gramme de taurine par litre. Environ 40 millions de litres de ce type de boisson sont consommés chaque année en France et leur taxation est actuellement similaire à celle d'un simple soda. Cette mesure vise à dissuader les consommateurs, des adolescents pour la plupart, de consommer à l'excès ces boissons dites énergisantes qu'ils mélangent fréquemment à de l'alcool.

5 milliards de recettes attendues en tout. Le projet de la loi de financement de la Sécurité sociale prévoit quelque 5 milliards d'euros de recettes pour réduire le déficit des caisses d'assurance maladie et de retraite des salariés du secteur privé, qui doit être ramené à 11,4 milliards d'euros en 2013 (contre 13,3 milliards en 2012).