L'appel de Cantona fait un bide

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L'appel de Cantona fait un bide
@ REUTERS
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Cantona n'a pas convaincu les internautes de vider les banques. Au final, peu sont passés à l’acte.

"Un non évènement", une "révolution par procuration", "un flop". L'appel à vider les banques inspiré par Eric Cantona n'a trouvé qu'un écho restreint auprès des internautes. Pourtant, sur la page Facebook de l’opération, les choses avaient plutôt bien commencé : 40.000 volontaires prêts à faire la révolution, près de 1.000 messages par heure enregistrés en milieu de journée par Semiocast pour le compte de Rue89. Le buzz annoncé. Et puis, patatras.

"Voila c'est fait compte épargne vidé"

Au final, seuls quelques dizaines d'internautes ont affirmé avoir effectué des retraits sur la page Facebook dédiée à l’opération. C’est le cas de "Guillaume Lakano", qui écrit avoir "retiré une liasse de 500 euros". "Voila c'est fait compte épargne vidé", lui répond "Mumu La Baronne", qui regrette cependant qu’ils aient été si peu nombreux à suivre le mouvement dans sa "petite ville de Belgique". "J'ai pas pu tout retirer (pas plus de 300€ par jour, va savoir pourquoi.) Je fignolerai le travail demain et après-demain", promet de son côté "Beij Stranger".

D’autres ne cachent pas leur déception, voire leur désillusion sur la finalité de l’opération. "En fait, l'appel de ces 39.500 ploucs n'était rien d'autre qu'une révolution par procuration, ils ont crié à l'aide en espérant qu'on le ferait pour eux, car ils savaient très bien qu'ils ne le feraient pas, un peu comme pour les manifestations" ironise "Régis Olivieri". "Dans deux jours, plus personne ne parlera de vous.... On vous évoquera comme une simple blague de geek facebookeux inspiré par un footballeur", ajoute Florian Bonneaud.

Une journée comme une autre pour les banques

Il y a aussi ceux qui en ont profité pour détourner l’opération. A Paris, des membres du collectif "Sauvons les riches" ont vidé mardi leurs comptes dans une agence Société Générale avant de déposer les espèces retirées… au Crédit Coopératif, détournant l'appel d'Eric Cantona pour en faire un mouvement "constructif".

Côté institutions financières, on assure n'avoir été nullement ébranlées par la révolution annoncée. "Nous n'avons rien remarqué. C'est un non-événement", a indiqué à l'AFP la Fédération nationale du Crédit Agricole, qui représente l'ensemble des caisses régionales du groupe. A Marseille, ville natale d'Eric Cantona, les responsables de trois agences bancaires (LCL, BNP Paribas, Société Générale) du centre-ville n'ont relevé aucune activité inhabituelle. Même chose à Paris, Lille ou encore dans le petit village d’Albert, où Eric Cantona a été attendu toute la journée…. Pour finalement prendre les médias de court et faire son retrait en catimini à Péronne.