L’Alsace tient à ses commerces Coop

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L’Alsace tient à ses commerces Coop
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Une association conteste le démantèlement de cette coopérative de magasins de proximité.

L’Alsace tient à ses commerces de proximité et elle compte bien le faire savoir. Des militants associatifs ont en effet appelé vendredi les élus alsaciens à intervenir pour empêcher la restructuration annoncée du groupe de distribution Coop Alsace. Leur crainte : que cette coopérative soit dissoute et absorbée par les poids lourds Leclerc et Casino.

La Coop d'Alsace vendue à la découpe ?

La Coop d'Alsace regroupe 140 magasins indépendants et emploie 3.400 personnes. Mais grevé par 120 millions d'euros de pertes en quatre ans, le groupe a lancé un plan de restructuration.

Ce plan prévoit de céder à Leclerc une participation de 34% dans ses six hyper et 22 supermarchés. Par ailleurs, Coop d’Alsace s'adosserait à Casino pour assurer l'approvisionnement de ses 144 magasins de proximité. 400 départs volontaires complèteraient également cette restructuration.

"Un hold-up sur la Coop"

De tels plans sont mal perçus par les membres de la coopérative ainsi que par de nombreux clients, attachés à leur commerce de proximité. Outre cet aspect affectif, ce projet "ne doit pas être mis en oeuvre car il conduira à brader l'entreprise", ont prévenu les responsables de l'Association régionale de soutien aux Coop d'Alsace (ARSCA).

L'ARSCA, qui compte quelque 400 membres dont nombre de sociétaires de la coopérative, est convaincue que cette solution conduirait à moyen terme à la fermeture des deux tiers des magasins de proximité. "Ce que je peux vous dire, c’est que sur les 140 magasins, il y en a au moins la moitié qui vont fermer. Si ce n’est pas dans six mois, ce sera dans un an", a alerté le président de l’ARSCO, Philippe Spitz, au micro d’Europe 1.

"Nous Alsaciens, spoliés de notre idée coopérative"

Et Philippe Spitz de poursuivre : "Leclerc, en investissant à peu près 150 millions d’euros, va récupérer uniquement ce qui marche, des supermarchés et hypermarchés dont la valeur est chiffrée à peu près à un milliard d’euros. C’est un hold-up total. Nous sommes, nous Alsaciens, spoliés de notre idée coopérative, spoliés des magasins".

"A terme, ce sera également la mort de l'esprit coopératif, et la fin des relations privilégiées avec les producteurs locaux. Bref, c'est un hold-up sur la Coop, à laquelle les Alsaciens sont si attachés", a renchéri Dominique Bézu, vice-président de l'association.

Les politiques appelés à la rescousse

Les défenseurs de la Coop ont aussi décidé de mobiliser les politiques pour mettre toutes les chances de leur côté. Deux députés, un PS et un UMP, leur ont déjà apporté leur soutien, ainsi que de nombreux maires alsaciens.

Le collectif met en avant un "plan B" de sauvetage, qui passerait notamment par une contribution financière des sociétaires, par la création d'une nouvelle structure coopérative permettant la participation des collectivités locales et des fournisseurs, et par une restructuration de la dette de la Coop.

PDG de la Coop depuis fin 2011, Christian Duvillet n’est pas du même avis et estime que ce plan alternatif "n'est pas crédible". A ses yeux, la restructuration programmée "permettra de revenir à l'équilibre et de sauvegarder le maximum d'emplois et de points de vente. Il n'y a pas d'autre plan que celui est en cours".