Jean-Claude Mailly, Force ouvrière : "Il est indispensable que les salariés réagissent à ce texte"

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Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a annoncé sur Europe 1 des premiers contacts entre syndicats pour répondre au projet de loi El Khomri.

INTERVIEW

"Sur certains points clés, oui, on considère que c'est inacceptable." Le projet de réforme du droit travail porté par Myriam El Khomri et salué par les organisations patronales ne passe pas pour Force ouvrière. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la formation syndicale, l'a affirmé jeudi soir sur Europe 1 : "Il y a déjà eu des contacts entre syndicats. Manifestations, grèves… On ne décide pas tout seul, on va voir avec les autres syndicats. Il m'apparaît indispensable que les salariés réagissent sur ce texte."

Entendu sur Europe 1
James Bond a un permis de tuer, là on donne aux entreprises un permis de licencier

Jean-Claude Mailly espère que les confédérations syndicales sauront se réunir contre cette réforme : "Je ne conçois pas qu'un syndicat quel qu'il soit puisse accepter l'intégralité du texte". Le leader syndicaliste pointe trois points de blocage majeurs pour Force ouvrière dans ce texte de "logique libérale" : la réforme des heures supplémentaires, qui pourraient être moins rémunérées ; le plafonnement des indemnités prud'homales de licenciement, avec un nouveau barème ; et la facilitation des ruptures de contrat, à travers le licenciement économique et les accords de maintien et de développement de l'emploi.

"Beaucoup de demandes patronales". "James Bond a un permis de tuer, là on donne aux entreprises un permis de licencier", déplore Jean-Claude Mailly. En cause, notamment, la possibilité de licenciement pour "cause réelle et sérieuse" si un salarié refuse une modification de son contrat de travail après la signature d'un accord d'entreprise. Au contraire, le Medef et la CGPME se félicitent de la "sécurisation de la rupture, pour sécuriser l'embauche".

Réponse du secrétaire général de Force ouvrière : "Dans ce texte, il y a beaucoup de demandes patronales."