Jean-Claude Mailly (FO) : "L'article 2, pas le seul problème dans la loi Travail"

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Invité du Club de la presse, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a réaffirmé vendredi l'opposition de son syndicat à plusieurs points de la loi Travail.

INTERVIEW

La fédération Force ouvrière des transports et de la logistique a appelé vendredi à la grève dans les villes-hôtes de l'Euro de football les jours de matches, afin d'obtenir le retrait du projet de loi Travail. "Ils sont en congrès, je l'apprends comme vous", a réagi le secrétaire général de Force ouvrière, sur Europe 1. "Ils sont prêts à repartir, à priori. Je suis solidaire par définition. On va discuter des modalités", a-t-il continué. "La semaine dernière, tout le monde disait : 'FO plie les gaules chez les routiers" : la preuve que non, FO ne plie pas les gaules."

"Pas le seul problème". Autre preuve, s'il en est, la mobilisation du 14 juin prochain, toujours de rigueur pour le syndicat. Car si Jean-Claude Mailly concède quelques aspects positifs dans la loi, notamment "sur les jeunes et sur les travailleurs détachés", les points de désaccord sont encore nombreux. "Tout le monde parle aujourd'hui de ce fameux article 2, ce que le Premier ministre appelle lui-même 'la philosophie générale de la loi', c'est-à-dire l'inversion de la hiérarchie des normes. Ce n'est pas le seul problème dans la loi.

Entendu sur Europe 1
On ne fait pas la chaise vide, donc on discute, y compris quand on est en désaccord

"Suspendre l'examen parlementaire" ou "retirer les articles incriminés". Comment, dès lors, sortir de la crise, alors que le groupe socialiste à l'Assemblée nationale espère justement convaincre Force ouvrière d'infléchir sa position ? "Ce que je suggère au gouvernement, c'est de suspendre l'examen parlementaire et de nous laisser le temps de discuter, parce que certaines choses, comme l'article 2 ou l'article 30 sur les licenciements économiques, pourraient relever de la négociation entre les partenaires sociaux. Ou de retirer les principaux articles incriminés, les mettre de côté et nous laisse discuter. Ça, c'est de nature à calmer le jeu. Mais dans ce cas, il ne faut pas nous mettre une date butoir", a-t-il prévenu, en laissant toutefois la porte entrouverte : "On ne fait pas la chaise vide, donc on discute, y compris quand on est en désaccord."