Irma : des mesures pour la reprise économique à Saint-Martin et Saint-Barthélémy

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Irma : des mesures pour la reprise économique à Saint-Martin et Saint-Barthélémy
La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a rappelé qu'il restait des enjeux sur les deux îles touchées par l'ouragan Irma dont celui de l'eau@ LUDOVIC MARIN / AFP
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Le ministère des Outre-mer a annoncé mercredi une série de mesures économiques pour aider les entreprises sinistrées après le passage de l'ouragan Irma, comme le chômage partiel et des aides financières.

Aides au redémarrage des entreprises sinistrées, cartes prépayées d'aides financières pour les populations défavorisées, mesures de chômage partiel : le gouvernement a présenté mercredi les mesures d'urgence pour la reprise de l'activité économique à Saint-Barthélémy et Saint-Martin, dévastées par l'ouragan Irma.

Des mesures de chômage partiel. À l'issue du troisième comité interministériel pour la reconstruction des deux îles, réuni à Matignon, 388 entreprises de Saint-Martin ont demandé des mesures de chômage partiel pour 2.346 salariés (sur un total d'environ 7.000), et 410 entreprises de Saint-Barthélémy ont fait de même pour 2.161 salariés, a détaillé devant la presse Philippe Gustin, délégué interministériel en charge de la reconstruction.

1.000 à 10.000 euros pour les entreprises. La ministre des Outre-mer Annick Girardin a précisé à la presse qu'outre un moratoire social et fiscal sur les dettes des entreprises, décidés dès le lendemain de la crise, l'État a mis en place "une aide exceptionnelle pour le redémarrage des entreprises sinistrées", allant de 1.000 à 10.000 euros, en fonction du recours au chômage partiel.

Un système de carte prépayée d'aides de l'État. Et "les citoyens pourront également bénéficier d'aides de l'État", avec "un système de carte prépayée" qui sera mis en place dans les prochaines semaines pour les foyers les plus défavorisés. Cette carte ne pourra être utilisée que sur le territoire français de Saint-Martin, a-t-elle précisé.

Une hausse à venir du taux de chômage. Alors que Saint-Martin, l'île la plus touchée, comptait déjà 33,6% de taux de chômage avant l'ouragan, "on va désormais atteindre les 60% voire plus", s'est alarmé le président de la collectivité territoriale Daniel Gibbs, qui a participé au comité interministériel. "Une augmentation des dépôts de bilan et une forte hausse du chômage sont à craindre dans les prochaines semaines", a souligné le ministère des Outre-mer dans un communiqué.

Des dégâts évalués à 3,5 milliards d'euros. Daniel Gibbs, qui a insisté sur la situation "catastrophique" des entreprises de l'île, dont la seule économie est le tourisme, évalue à 3,5 milliards le montant des dégâts. Le chiffre, qui additionne les effets de l'ouragan et "les choses qu'il fallait rattraper avant Irma", "n'est pas choquant", a estimé Philippe Gustin, qui attend un rapport de l'inspection générale sur le sujet, prévu le 30 octobre.

Établir une meilleure coopération entre les deux parties de l'île de Saint-Martin. Le délégué interministériel a aussi plaidé pour une meilleure coopération régionale en matière de la reconstruction, insistant sur la nécessité d'un "meilleur équilibre entre les deux parties (française et hollandaise) de Saint-Martin. Ce n'est plus acceptable de conserver un tel déséquilibre avec des gens qui travaillent du côté néerlandais, et qui viennent se soigner, qui viennent à l'école ou viennent bénéficier des minima sociaux du côté français".

Rétablir l'eau potable. Irma, qui a fait 11 morts à Saint-Martin, a endommagé 20.000 constructions sur les deux îles, a précisé Annick Girardin. Si "la phase d'urgence est derrière nous", a-t-elle dit, il reste des difficultés sur l'eau, avec "seulement 63 % des foyers bénéficiant de l'eau courante et quatre quartiers de l'île encore totalement dépourvus d'eau potable". Enfin, la moitié des établissements scolaires de Saint-Martin (soit neuf sur les 18 réparables) ont rouvert leurs portes.