Instagram, le bébé de Mark Zuckerberg
© REUTERS

Mark Zuckerberg a mené toute l'opération en solo, sans prévenir son conseil d'administration.

Chez Facebook, Mark Zuckerberg est seul maître à bord. En témoigne le récent rachat d'Instagram par le réseau social, une opération conclue en quelques jours et négociée par le seul patron de Facebook, en tête à tête avec son homologue d'Instagram, selon une enquête du Wall Street Journal. Quant au conseil d'administration de Facebook, qui doit entrer en Bourse prochainement, il a été "prévenu, pas consulté", une fois le rachat presque bouclé.

Le jeudi 5 avril dernier, Mark Zuckerberg appelle Kevin Systrom, PDG d'Instagram, pour le rencontrer. Les deux patrons de moins de trente ans se retrouvent le soir même dans la villa de Mark Zuckerberg, à Palo Alto, pour entamer des discussions qui se poursuivront jusqu'au dimanche.

"Facebook reste un one-man show"

Le patron de Facebook n'a prévenu personne. Seule sa directrice générale, Sheryl Sandberg, a appris, le jeudi, que le jeune PDG avait l'intention de racheter Instagram, mais elle n'a pas pris part directement aux négociations, relate le Wall Street Journal. Il faut dire que Mark Zuckerberg possède 28% des parts de Facebook et contrôle 57% des droits de vote. En clair, il peut faire absolument ce qu'il veut, rappelle le journal économique, soulignant que " la façon dont Zuckergerg a géré l'acquisition d'Instagram rappelle que Facebook reste, dans une certaine mesure, un one-man show".

Pendant les négociations, Mark Zuckerberg parvient à faire baisser le prix d'achat d'Instagram à un milliard de dollars, alors que Kevin Systrom en demandait deux. La méthode est pour le moins atypique : ce genre de rachat prend en général bien plus longtemps, avec des armées d'avocats mobilisées de chaque côté.

Une scène digne d'un vaudeville

Dimanche matin, Mark Zuckerberg finit par prévenir son conseil d'administration de son intention. En début de soirée, Marc Andreessen, investisseur et membre de ce conseil d'administration, arrive chez Mark Zuckerberg pour leur réunion habituelle.

La scène est digne d'un vaudeville, puisque dans la pièce à côté se trouve Kevin Systrom, en discussions avec son propre conseil d'administration. Au bout d'une heure, le patron d'Instagram rentre dans la pièce où se trouvent Zuckerberg et Andreessen, à la grande surprise de ce dernier, qui avait investi dans Instagram avant même son lancement.

Vote "symbolique" du conseil d'administration

Ce n'est qu'un peu plus tard que la nouvelle est rendue officielle. Le conseil d'administration approuve le rachat d'Instagram, dans un vote largement "symbolique", selon le WSJ.

Certains affirment que la méthode Zuckerberg confère à l'entreprise une plus grande réactivité dans un contexte particulièrement compétitif. Mais, comme le souligne Le Figaro, à quelques semaines du lancement en Bourse de Facebook, prévu pour la mi-mai, cette approche très personnelle pourrait inquiéter aussi les investisseurs, soucieux que la voix des  actionnaires minoritaires soit aussi entendue.