Immobilier : les syndics menacent d’alourdir la note

  • A
  • A
Immobilier : les syndics menacent d’alourdir la note
Une association s'inquiète de l'augmentation annoncée des tarifs des syndics de copropriété.
Partagez sur :

+20% - Les gestionnaires de copropriété arguent de la mise en place de la nouvelle loi sur le Logement pour augmenter leurs tarifs.

L’INFO. Des tarifs de gestion pratiqués par les syndic qui vont augmenter de 20% d’un coup, c’est la mise en garde de l’Association des responsables de copropriété (ARC), rapporte mercredi Le Parisien. Selon cette dernière, les gros groupes de gestion de copropriété profitent des nouvelles règles imposées par la loi ALUR pour justifier des hausses importantes de leurs frais. Ces entreprises sont pourtant régulièrement épinglées pour leurs tarifs déjà très importants.

Un syndic, c’est quoi ? En France, le syndic est une personne physique ou morale qui représente légalement l’ensemble des copropriétaires et administre les parties communes des logements gérés. Pour ce service, ils sont bien sûr rémunérés, et si la profession est réglementée, les tarifs sont libres. Certaines entreprises, comme la FNAIM, Foncia ou Nexity s’en sont fait une spécialité. En tout, ce sont environ huit millions de personnes qui travaillent avec un syndic en France.

Les syndics plaident leur cause. Du côté des principales entreprises gestionnaires de biens immobiliers, on ne cache pas ses intentions. La FNAIM a par exemple récemment rassemblé ses présidents de conseils syndicaux pour leur annoncer une hausse drastique des tarifs. Chez Foncia, l’un des principaux acteurs du secteur, on n’écarte pas non plus une hausse des tarifs. Cela dit, si aucun chiffre n’est communiqué, un porte-parole de l’entreprise dément une hausse qui atteindrait les 20%.

Selon Le Parisien, là où les augmentations les plus fortes sont annoncées, les syndics expliquent que la mise en place de la nouvelle loi sur le Logement (ALUR) leur demandera plus de travail. Les syndics auront bientôt l’obligation de séparer les comptes de chacune des copropriétés qu’ils gèrent, ce qui les pousse à dire que la gestion sera plus compliquée. Cité par le Parisien, Gérard Delvolve, le délégué général de l’Union des syndicats de l’Immobilier (Unis), qui regroupe 2.500 syndics, reconnaît que “la loi ALUR va changer beaucoup de choses”. Selon lui, ce secteur dont “la rentabilité est très faible” doit être capable de maintenir son service si on lui en demande plus. “Etre plus disponible pour les conseils syndicaux un samedi après-midi ou le soir après 20 heures, cela a un prix”, justifie-t-il.

06.02.immobilier.logement.appartement.clef.e1default.930.620

Attention aux abus. Tous ces arguments sont rejetés par l’Association des responsables de copropriété qui juge que ce sont là des prétextes. En effet, alors que le forfait concernant l’administration des biens gérés coûte en moyenne 140 euros par an et par lot, les frais de gestion (comme l’envoi de lettres ou les photocopies) s’élèvent en moyenne à 100 euros. Selon l’association, ce coût est déjà bien trop élevé.

De manière générale, les tarifs des syndics sont d’ailleurs régulièrement pointés du doigt. L’association de consommateur CLCV s’est spécialisée dans la surveillance de ces prix, épinglant régulièrement les principaux acteurs du secteur.