Ikea dans le collimateur des eurodéputés pour ses montages fiscaux

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Ikea dans le collimateur des eurodéputés pour ses montages fiscaux
@ AFP
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"Rien que pour l'année 2014", le rapport d'enquête évalue "les pertes fiscales à 24 millions d'euros pour la France". 

L'affaire pourrait bien prendre de l'ampleur, et faire de l'ombre au numéro un mondial de l'ameublement. Un rapport des eurodéputés vert montre "comment l'entreprise multinationale suédoise s'est structurée pour soustraire à l'impôt plus d'un milliard d'euros ces six dernières années au détriment de divers États européens". 

24 millions d'euros de pertes fiscales pour la France. "Rien que pour l'année 2014", le rapport d'enquête évalue "les pertes fiscales à 35 millions d'euros pour l'Allemagne, 24 millions d'euros pour la France et 7,5 millions d'euros pour la Belgique". Dans ce rapport est décrite l'une des techniques privilégiées du groupe, selon les députés verts : chaque magasin de la chaîne suédoise procède au paiement de redevances ("royalties") à une filiale basée aux Pays-Bas qui joue seulement un rôle de "conduit". Les redevances entrent et sortent des Pays-Bas non taxées et aboutissent en grande partie au Liechtenstein. 



L'Europe accroît ses efforts contre l'évasion fiscale. Depuis l'éclatement du scandale LuxLeaks en novembre 2014, qui avait profondément terni l'entrée en fonction du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker en tant que nouveau président de la Commission, Bruxelles a accentué sa lutte contre l'opacité fiscale. LuxLeaks avait mis en lumière un système d'évasion fiscale à grande échelle des multinationales et particulièrement le rôle joué par certains Etats, comme le Luxembourg. Fin janvier, la Commission a lancé une vaste offensive contre l'optimisation fiscale des multinationales qui prive chaque année les Etats de l'UE de dizaines de milliards d'euros.

Cambadélis préfèrerait que les médias parlent d'Ikéa. Lundi matin, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré qu'il préférerait que les médias parlent de la situation d'Ikéa, que des eurodéputés accusent d'avoir soustrait un milliard d'euros d'impôts en Europe, plutôt que de la vidéo du joueur du Paris SG Serge Aurier, "le cadet de mes soucis". "L'affaire la plus importante, c'est le fait qu'Ikéa ait soustrait à l'ensemble de l'Europe ses impôts, plus d'un milliard d'euros. Ca, c'est l'information", a-t-il insisté.