Huile de palme et loi alimentation : pourquoi certains agriculteurs vont bloquer les raffineries dimanche 10 juin?

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Plusieurs agriculteurs vont bloquer des raffineries de biocarburant dimanche soir pour protester notamment contre l'annonce du gouvernement qui a autorisé l'importation de 400 tonnes supplémentaires d'huile de palme. 

Ils dénoncent l'importation massive d'huile de palme pour la fabrication de biocarburants. Les agriculteurs de la FNSEA vont bloquer dès ce dimanche soir et jusqu'au mercredi 13 juin plusieurs raffineries et une dizaine de dépôts de carburants. 

La bataille de l'huile de palme. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est la raffinerie de Total à la Mède qui va utiliser de l'huile de palme importée de Malaisie et d'Indonésie pour fabriquer ses biocarburants. Les agriculteurs craignent que ces importations viennent concurrencer les productions de colza français, dont l'huile pèse pour environ 7% sur le marché du diesel européen. Mais au-delà de l'huile de palme, ils réclament également des avancées sur la loi alimentation.

Les négociations inquiétantes avec le Mercosur. Certes, cette loi prévoit d'améliorer leur revenu, mais leur impose également des coûts supplémentaires. Plus de ristournes par exemple sur les produits phytosanitaires. Les agriculteurs devront aussi faire appel à un conseiller sur l'utilisation de ces produits. Une bonne idée d'un point de vu environnemental, mais qui coûte cher dans la pratique. Enfin, ils s'inquiètent des négociations en cours avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Urugay) : ces pays pourront exporter plus de volailles, de bœuf, de porcs, de sucre, sans être soumis, chez eux, aux mêmes règles que les agriculteurs français. 


Pas de remise en cause des normes sanitaires pour le ministère de l'Agriculture. "On demande une interdiction globale des produits qui ne respecte pas les standards de production français", a martelé Jérémy Decerler, président des Jeunes Agriculteurs au micro d'Europe 1 samedi. De son côté, le ministère de l'Agriculture rappelle qu'il s'agit d'accords commerciaux qui ne remettent absolument pas en cause les normes sanitaires, il n'y aurait donc pas de crainte de voir débarquer sur les étales européennes du bœuf aux hormones ou d'autres produits qui ne respectent pas les standards de production et de consommation.