Hascoet : les paiements des VTC sont "tracés et fiscalisés"

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Yan Hascoet, PDG de Chauffeur-privé, a expliqué jeudi sur Europe 1 que les sociétés de VTC payaient bien leurs charges.

INTERVIEW

C'est l'un des (nombreux) reproches faits par les taxis aux sociétés de véhicule de transport avec chauffeur (VTC) : celles-ci seraient avantagées fiscalement. Des accusations que Yan Hascoet, le PDG de Chauffeur-privé, une société de VTC, a rejetées en bloc jeudi au micro du grand direct des médias.

"C'est légal". "Quand le client commande et paye sur une application comme Chauffeur-privé, le paiement se fait par carte bancaire", a-t-il rappelé. "Ce sont des flux tracés et fiscalisés. C'est légal." Le PDG de Chauffeur-privé est même allé plus loin, accusant les taxis, "où les paiements se font en cash", de travailler régulièrement au noir. Les taxis seraient-ils donc ceux qui s'adonnent au travail non déclaré ? "Très peu", a répondu Thierry Guicherd, porte-parole du collectif des taxis de France, également invité sur Europe 1. "Aujourd'hui, un chauffeur de taxi qui travaille de façon moderne à Paris a 80% de son chiffre d'affaires viré sur son compte", a t-il précisé.

Un business autour des licences. Alors que les taxis mettent également en avant le fait que les VTC n'ont pas à payer pour obtenir de licence, Yan Hascoet a rappelé que celle-ci était cédée "à titre gratuit" par l'Etat. La revente monétisé de cette licence, qui est en réalité une autorisation de stationnement, est autorisée par la loi depuis 1995 et se pratiquait couramment avant. Mais elle est organisée par les taxis eux-mêmes. "On peut voir les choses comme ça", a répondu Thierry Guicherd, visiblement gêné. "Mais c'est un business avalisé par l'Etat."

Une licence pour les VTC. Le porte-parole du collectif des taxis de France propose, de son côté, de "mettre en place une licence pour les intermédiaires", c'est-à-dire les sociétés comme Uber. Cette licence "serait éteinte s'ils font la promotion d'une pratique illégale de taxi", a ajouté Thierry Guicherd, faisant allusion au service UberPop. Ce service d'Uber, dont l'illégalité en France a été confirmée par le Conseil constitutionnel en septembre 2015, mettait en relation des particuliers et des clients. Une sorte de covoiturage déguisé en activité de taxi, selon les autorités françaises.