Grève dans les transports : les raisons officielles (et cachées)

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Grève dans les transports : les raisons officielles (et cachées)
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ÉCONOMIE - La CGT appelle à une grève massive des transports mardi. Dans le viseur du syndicat ? La menace généralisée du low-cost. 

Quelques perturbations à prévoir dans vos déplacements mardi. La CGT a déposé en effet un préavis de grève dans tous les transports. Autocars, bateaux, aéroports et bien sûr, trains et métro… vont stopper en partie leur activité pour protester contre la réforme du rail votée cet été, mais aussi contre l'ensemble des "politiques de déréglementations libérales" en provenance de Bruxelles. Si cette grève s'annonce générale, le syndicat avance cependant en ordre dispersé. Europe 1 a voulu en savoir plus sur les raisons officielles et officieuses de cette grève.

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#LES RAISONS OFFICIELLES

Une réforme "pas financée". Ce n'est pas une nouvelle, la CGT rejette la réforme. Durant cet été déjà, les cheminots avaient suivi deux semaines de grève contre "cette réforme pas financée", selon Cédric Robert, secrétaire général de la CGT Cheminots, interrogé par Europe 1. "Le service public ne va plus être assuré. On se dirige vers du low-cost", juge Cédric Robert. Selon lui, sans financements, la SNCF va continuer à fermer des lignes, des guichets et des gares.

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© Reuters


Moins de guichets. "Remplacer les guichets par des bornes automatiques, ce n'est pas l'égalité de service. Les personnes âgées ne savent pas forcément les utiliser et ces bornes ne savent pas gérer les trajets complexes de certains voyageurs", avance-t-il encore.

Moins de contrôleurs. "Dans les TER, la SNCF commence à éliminer les contrôleurs. Mais ils sont vitaux et pas seulement pour les contrôles des billets, ils sont là pour conseiller, orienter l'usager et ils assurent aussi la sécurité des wagons", prévient le secrétaire général de la CGT Cheminots.

Des TER remplacés par des bus. Cédric Robert dénonce également le remplacement des TER par des autocars : "Le bus est moins rapide et n'assure pas aux usagers le même confort que le train. Et je ne suis pas certain qu'il soit plus sûr". 

Et la concurrence ? La CGT n'en veut pas. L'ouverture à la concurrence n'est pas non plus plébiscitée par les syndicalistes de la CGT : "Il y a dix ans, on nous a fait le coup avec le fret ferroviaire, pour le résultat que l'on connait. C'est un échec total et le fret a chuté depuis".  

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#LES RAISONS OFFICIEUSES

Mobiliser ses troupes. À l'approche d'élections professionnelles dans la fonction publique, la CGT essaierait-elle de mobiliser ses troupes ? Pour Jean-Luc Touly : "C'est comme pour les partis politiques, on tente d'être visible à la veille des élections. Donc, ça peut être un argument parmi d'autres". 

Faire de la pub à une CGT en perte de vitesse ? Un appel à la grève qui pourrait faire aussi de la publicité à un syndicat en perte de vitesse. Selon Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail, interrogé dans le Parisien, le syndicat a un électorat en recul de 2%. Sans parler de divisions internes entre les tenants d'une ligne dure et les partisans des négociations entre lesquels le débat n'est pas tranché.

Cédric Robert dément de son côté un lien entre la grève du 4 novembre et les prochaines élections : "Cette grève a été décidée au printemps et ne fait que suivre le calendrier des choix politiques". Il estime enfin que la grève reste "la seule réponse au dialogue social très dur qui règne à la SNCF".

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# BONUS : C'EST QUOI LA RÉFORME DU RAIL ?

Promulguée le 4 août dernier,  la réforme du rail vise à améliorer le service ferroviaire en France, avec un double objectif : gagner sur les coûts et améliorer le service aux voyageurs. 

Dans le détail, il s'agit de maîtriser la dette du rail français qui s'élève à 44 milliards d'euros et qui augmente chaque année de 1,5 à 2,8 milliards. Il faut aussi préparer le terrain à l'ouverture pour la concurrence prévue en 2019. Pour cela, SNCF et RFF vont être mariés afin de simplifier l'organigramme de l'entreprise et optimiser ainsi les coûts.