Grève à la SNCF : quelles conséquences pour les entreprises ?

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Alors que la grève à la SNCF entame son dixième épisode vendredi et samedi, certaines entreprises commencent à trouver le temps vraiment très long.

Elles se font plutôt discrètes pour le moment, et pourtant. Des entreprises, moyennes ou grandes, pâtissent directement de la grève à la SNCF qui entame son dixième épisode vendredi et samedi. Danone, ArcelorMittal ou encore Kronenbourg utilisent en effet le train pour leur transport de marchandises.

"Plusieurs centaines de milliers d'euros perdues." Pour le groupe Eqiom et son million de tonnes de ciment et de granulats transporté chaque année par le rail, la grève à la SNCF commence à prendre des airs de catastrophe. "On rate à peu près un train sur deux depuis le début de la grève. C'est très compliqué parce que c'est un report sur la route donc ce n'est pas très vertueux, tant d'un point de vue économique qu'écologique. On parle de plusieurs centaines de milliers d'euros perdues sur nos résultats", confie François Meyer, le directeur logistique du groupe, au micro d'Europe 1.

Des camions dix fois plus polluants que les trains. Des surcoûts, du manque à gagner, et donc un impact sur l’environnement car un train de marchandises, c’est l’équivalent de 40 à 50 camions. Le groupe Kronenbourg affrète d’habitude 15 trains remplis de bière chaque semaine au départ de son usine d’Obernai. Lui aussi doit se rabattre sur des camions, dix fois plus polluants.

"Pas de grosse crise", selon la filiale Fret de la SNCF. Quant à la filiale Fret de la SNCF, elle est obligée de mettre des priorités, explique Philippe Moritz, son responsable de la communication : "Il y a aussi un certain nombre de marchandises qui ne circulent pas. On estime à un quart les marchandises qui, depuis un mois et demi, sont en attente de prise en charge. Pour le moment, il n'y a pas de grosse crise extrême mais c'est éprouvant."

Et le problème c’est aussi que le transport routier manque de chauffeurs. Le sidérurgiste ArcelorMittal se rabat sur les fleuves ou la mer, alors que 50% de ses marchandises prennent le train habituellement.