Grève à Air France : "nous demandons à l'entreprise de prendre ses responsabilités"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Alors que le mouvement de grève des stewards et hôtesses de l'air se durcit à Air France, les syndicats renvoient l'entreprise à ses responsabilités.

INTERVIEW

"C'est un mouvement massif. Nous sommes au-dessus de 70% de grévistes". Sur Europe 1 vendredi matin, Eric Faliu, délégué syndical du SNPNC d'Air France, a soutenu le mouvement de grève des hôtesses de l'air et des stewards, bien qu'il regrette d'avoir dû en arriver là.

Absence de dialogue. "Les négociations avec la direction sont bloquées depuis deux mois. Nous avions déposé un préavis de grève très long de deux mois pour pouvoir négocier. L’entreprise ne les a pas mis à profit et depuis une semaine, c’est le vide entre Air France et les organisations professionnelles représentatives", déplore le steward sur long-courrier. Au cœur du conflit : la proposition d’Air France de reconduire pour 17 mois l’accord d’entreprise, qui fixe les règles de travail, de rémunérations et d’avancement. 

17 mois au lieu de 5 ans. Pour Eric Faliu, comme pour l'ensemble des organisations professionnelles, ce n'est pas assez, "notamment dans le contexte actuel où la loi El Khomri préconise des accords longs". "A Air France, l’ensemble des salariés - à l’exception des hôtesses et des stewards - ont des accords à durée indéterminée", indique le délégué syndical, qui souhaite qu'Air France continue à conclure des accords pour une durée de trois à cinq ans, comme c’est le cas aujourd’hui.


"Regrettable". Jean-Marc Janaillac, le nouveau PDG d'Air France-KLM, a jugé que le mouvement de grève démarré mercredi était "regrettable et agressif". Pour Eric Faliu, oui "c’est regrettable mais c’est rarissime. Ça fait dix ans que les hôtesses et les stewards ne se sont pas mis en grève à Air France", rétorque-t-il. "Nous demandons à l’entreprise de prendre ses responsabilités, c’est elle qui a fixé le calendrier. Nos demandes sont totalement raisonnables et quasiment à coût constant." Le steward martèle : "Cet accord, c’est toute la vie d’un steward ou d’une hôtesse de l’air. Si cet accord n'est plus négocié, il y a aujourd'hui une table rase."




>> PRÉVISIONS TRAFIC : Pour l'heure, Air France assure pouvoir assurer "plus de 80%" de ses vols vendredi. Mais selon Eric Faliu, "d’ici demain ou après-demain, ça risque d’être encore plus difficile pour les passagers".