Grèce : un accord "préventif" adopté

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Grèce : un accord "préventif" adopté
@ REUTERS
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Les dirigeants de l'UE se sont accordés sur des prêts financiers à la Grèce, incluant le FMI.

Les dirigeants des pays de la zone euro ont donné leur accord jeudi soir après d'âpres tractations à la mise sur pied d'un mécanisme de prêts financiers à la Grèce, incluant le FMI. Le mécanisme, qui est largement le fruit de négociations ardues menées pendant plusieurs jours entre la France et l'Allemagne, prévoit la création d'un dispositif de prêts que la Grèce pourrait utiliser "en dernier recours" si elle ne parvenait plus à emprunter à des taux raisonnables sur les marchés pour financer ses déficits.

"L'accord que nous avons trouvé est clairement de nature préventive. L'objectif est de ne pas s'en servir (...) Nous attendons qu'il se traduise par une normalisation des marchés à l'égard de la Grèce", a déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue de la première journée du sommet européen.

Le FMI impliqué

Le dispositif sera alimenté majoritairement par des prêts de partenaires de la Grèce au sein de la zone euro, et par des prêts du Fonds monétaire international. La proportion devrait être de deux tiers du total pour les premiers, et d'un tiers pour l'institution dont le siège est à Washington, selon une source diplomatique. L'implication du FMI, exigée par l'Allemagne qui a longtemps rechigné à accepter l'idée même d'une aide à la Grèce, a été difficilement acceptée par certains pays et par la Banque centrale européenne.

Les taux d'intérêt appliqués aux prêts, en cas d'utilisation du mécanisme, seront inférieurs à ceux offerts sur le marché, mais néanmoins à un niveau suffisamment élevé pour ne pas constituer une subvention déguisée. Le texte signé pourrait s'appliquer à d'autres cas que la Grèce, si d'autre pays en avaient besoin

Sanctionner les Etats trop dépensiers

L'Allemagne voulait un durcissement des contrôles et a eu gain de cause ce point. Outre-Rhin, les contribuables en ont assez de payer pour les fourmis méditerranéennes que sont le Portugal, l’Espagne, l’Italie et pourquoi pas la France. Herman Von Rompuy, le président de l'Union Européenne va proposer avant la fin de l'année de nouveaux outils pour contrôler et sanctionner les Etats trop dépensiers. Il est aussi question de créer un gouvernement économique de la zone euro, ce qui constitue une petite révolution.

Papandréou satisfait

Le chef du gouvernement grec Georges Papandréou a jugé l'accord européen "très satisfaisant". "L'Europe a fait un pas en avant (...), l'Europe et la Grèce sortent plus fortes de cette crise", a-t-il estimé.